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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 20:40

centrale a gaz - currant creekA l'heure actuelle,d'après les derniers chiffes publiés par l'Agence Internationale de l'Energie, 80% de la production mondiale d'énergie primaire est issue des combustibles fossiles, dont 27% du charbon. Si l'on s'intéresse plus spécifiquement à la production d'électricité, les 67% est issue des combustibles fossiles dont un peu plus de 40% du charbon. Ce dernier étant le combustible dont la combustion entraîne les émissions de CO2 les plus élevées à quantité d'énergie donnée, l'une des stratégies envisagées à l'échelle internationale pour limiter l'ampleur du réchauffement climatique est de remplacer les centrales thermiques au charbon utilisées pour produire de l'électricité par des centrales thermiques au gaz naturel, dont la combustion émet à peu près deux fois moins de CO2 à énergie produite égale. C'est notamment une stratégie mise en oeuvre à grande échelle à l'heure actuelle au Royaume-Uni et aux USA (d'où le recours aux schistes bitumineux), et dans une moindre mesure en Chine.

 

Cependant, une étude conjointe de la National Oceanic and Atmospheric Administration et l'Université de Boulder (Colorado) publiée cette semaine et mentionnée dans la revue scientifique Nature  vient remettre en question ce rôle "positif" du gaz naturel dans la lutte contre le réchauffement climatique. En effet, cette étude montre que les émissions de méthane (le gaz que nous appelons couramment "gaz naturel") au niveau des gisements (en gros donc, les fuites) seraient beaucoup plus importantes que ce que l'on pensait jusqu'à présent. D'après les mesures de concentration de méthane dans l'atmosphère à proximité de gisements exploités dans le Colorado, ce seraient de 2% à 8% (avec une probabilité la plus forte pour une valeur de 4%) du méthane produit qui s'échapperait dans l'atmosphère, soit le double des chiffres avancés jusque là par l'industrie. Cette étude vient par ailleurs confirmer d'autres études effectuées ces dernières années mais contestées par l'industrie. Là où ce résultat vient heurter de plein fouet la stratégie visant à remplacer les centrales au charbon par des centrales au gaz naturel... c'est que le méthane est lui-même un puissant gaz à effet de serre : à quantité égale, 25 fois plus puissant que le CO2 !

 

En tenant compte non seulement des émissions de CO2 qui ont lieu lors de la combustion du combustible, mais aussi de ces fuites de méthane, les centrales à gaz ne tireraient plus leur avantage par rapport à celle à charbon que du fait qu'elles sont plus récentes et ont donc de meilleurs rendement de combustion !

Pire encore, la combustion du charbon n'émet pas que du CO2 (contrairement à celle du gaz naturel), mais aussi des particules fines, qui une fois dans l'atmosphère contribuent à réfléchir le rayonnement solaire... et donc à diminuer les températures (étude publiée en 2011 dans la revue Climatic Change).

 

Globalement, le remplacement des centrales à charbon par des centrales au gaz n'auraient donc qu'un effet minime sur les émissions globales de gaz à effet de serre, et ne contribueraient quasiment pas à la lutte contre le réchauffement climatique (ce qui ne remet évidemment pas en cause leur effet bénéfique sur la réduction de la pollution aux particules fines).

 

La (seule) bonne nouvelle dans cette histoire, c'est que les exploitants ont tout à fait les moyens techniques de réduire fortement la proportion de méthane relâchée dans l'atmosphère, et que les seules raisons qui s'y opposent à l'heure actuelle sont économiques. Espérons donc que ce type d'étude contribuent à pousser les gouvernement à durcir les règles pour les y contraindre.

 

 

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Published by D. - dans général
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commentaires

charbon electrique 19/10/2012 11:44


Au moins il y a une bonne nouvelle.