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30 novembre 2009 1 30 /11 /novembre /2009 21:11
Copenhague approche. Après les USA, la Chine et le Brésil ont à leur tour annoncé leurs objectifs de réduction d'émissions de gaz à effet de serre.

Pour mémoire, la Chine a émis en 1994 (chiffre officiel le plus récent que je possède) 3,65 milliards de tonne d'équivalent-CO2, en augmentation extrêmement rapide. Je n'ai pas réussi à trouver de chiffre officiel plus récent. D'après l'administration américaine, elle aurait émis en 2007 6,2 milliards de tonne de CO2 uniquement du fait de sa consommation d'énergie, d'après une étude européenne un total de 8,55 milliards de tonne. Mais une part importante de ces émissions sont en fait nos propres émissions que nous avons "exportées" là-bas au travers de la délocalisation de nos industries les plus polluantes.
De sont côté, le Brésil a émis en 2007 2,2 milliards de tonne d'eqCO2, en grande partie du fait de la déforestation, ce qui fait qu'un Brésilien émet en moyenne plus de gaz à effet de serre qu'un Français, malgré la nette différence de niveau de vie.

Du point de vue des objectifs annoncé, le "moins décourageant" est le Brésil, qui a annoncé un objectif à atteindre de 1,7 milliards de tonnes émises en 2020. Soit une baisse de 23% environ. Notons que si le Brésil garde une croissance démographique plus ou moins en ligne avec celles des dernières années, les émissions individuelles de chaque Brésilien seraient alors d'environ 7,5 tonnes d'eqCO2 par an, soit toujours nettement supérieures à celle d'un Français si la France atteint elle aussi ses objectifs. Mais difficile de dire aux Brésiliens que notre modèle de développement, dont ils souhaitent bénéficier eux aussi, est une erreur vers laquelle il ne faut pas se diriger, ou du moins pas de cette manière.

Côté chinois, c'est plus que décourageant. La Chine n'a annoncé aucune baisse de ses émissions (même si un Chinois émet nettement moins de gaz à effet de serre qu'un européen, chaque chinois émet tout de même nettement plus que l'objectif à atteindre). La seule chose que la Chine a annoncé, ce n'est pas une baisse absolue de ses émissions, mais une baisse par unité de PIB. C'est à dire que la Chine s'engage à émettre moins de gaz à effet de serre  par unité de richesse produite. En l'occurrence -40 à- 45% d'ici à 2020 par rapport à 2005 et ce à condition que les pays industrialisés s'engagent à lui apporter une aide sous forme de transferts de technologie. En moyenne, le PIB chinois augmente de 9 à 10% par an depuis plusieurs années. Supposons qu'entre 2005 et 2020, il n'augmente "que" de 8% par an en moyenne. Le PIB sera alors multiplié par un facteur 3,17. Même si la baisse d'émissions de gaz à effet de serre par unité de PIB atteint 45%, les émissions absolues auront alors tout de même augmenté de ... 74 % !! Chaque Chinois émettrait alors plus de gaz à effet de serre qu'un Européen, et le pays émettrait à lui seul la moitié du total que devrait atteindre la totalité des pays du monde...

Evidemment, on peut toujours se consoler en ce disant qu'un objectif chiffré, même minimaliste et dérisoire, est mieux que pas d'objectif du tout. Et que les premiers coupables sont les pays riches, USA en tête, qui refusent de prendre la mesure du problème et d'agir en conséquence. On peut également se dire qu'un moyen efficace de diminuer les émissions chinoises seraient d'arrêter d'y délocaliser nos industries polluantes, et les émissions brésiliennes d'arrêter de consommer de la viande venant du Brésil et des bois tropicaux importés illégalement...


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Published by D. - dans actualité
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