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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 21:53

Contrairement à ce que ce titre pourrait laisser croire, ce premier article après pratiquement 6 mois de pause n'est pas destiné à dresser un inventaire des mécanismes déjà existants en France et visant à inciter les particuliers à réduire leur facture énergétique, et donc leurs émissions de gaz à effet de serre.

 

Simplement parce que la plupart des mécanismes qui existaient ont disparu, ont été fortement réduits ou ont été détricotés au cours des derniers mois. "La faute à la crise", même si cette crise n'était pas là lorsque la taxe carbone n'a pas vu le jour (alors qu'une taxe carbone, certes modérée, a vu le jour en Australie, pays qui ne faisait pourtant pas partie jusque là des bons élèves de la lutte contre le réchauffement climatique). On a donc vu, sous couvert de réduction des niches fiscales, disparaître ou diminuer fortement des crédits d'impôts pour le développement des énergies renouvelables ou l'amélioration de l'isolation des bâtiments. Diminuer les tarifs de rachat de l'électricité issue du solaire photovoltaïque. Fortement durcie les procédures d'autorisation de développement de l'éolien (érigé maintenant au titre "d'installations classées pour la protection de l'environnement", au même titre que des usines d'incinération ou des centrales thermiques ...)....

 

Et pendant ce temps, la conférence de Durban est un échec patent (même si la plupart des participants s'autocongratulent et parlent d'accord), ne faisant que repousser à plus tard toute discussion autour d'objectifs contraignants. Le Canada, grand pollueur devant l'éternel, se retire du protocole de Kyoto pour mieux continuer à exploiter ses schistes bitumineux (dont il "oublie" opportunément de comptabiliser les émissions de CO2 dans son inventaire total, alors qu'elles dépassent celles de tout son secteur automobile !). Et après une stagnation due à la crise, les émissions de gaz à effet de serre ont encore augmenté en 2010, conformément aux prévisions de l'agence internationale de l'énergie.

 

Dès lors, que faire ? Espérer que la question du climat et de l'environnent s'invite dans les débats politiques des pays pour lesquelles des élections ont lieu l'année prochaine (dont les USA et la France) et détrône La Crise ? Ou pourquoi pas chercher de nouvelles idées ? Je ne changerai sans doute pas le monde avec ce blog et sa vingtaine de visiteurs quotidiens, mais voici à tout hasard un début d'idée que je n'ai pas encore entendu dans la bouche d'un candidat à la présidence en France :

 

A force de l'entendre dire et répéter, tout le monde a sans doute intégrer maintenant que la hausse des coûts de l'énergie dans un proche avenir est inéluctable. Mais plutôt que de l'augmenter uniformément, comme on en prend par exemple le chemin pour le gaz dans les semaines qui arrivent, pourquoi ne pas le faire de manière intelligente pour inciter à la réduction de la consommation d'énergie ?

 

Pour l'électricité, le gaz et le fioul domestique, on pourrait imaginer un mécanisme ou le prix de l'énergie, ramenée en kWh pour chaque type (si l'on regarde une facture de gaz, par exemple, 1 m3 correspond à 11,2 kWh, et on peut faire la même conversion pour le fioul domestique) dépendrait de la consommation totale d'énergie.

Je m'explique : supposons, parce que les nombres ronds c'est pratique et parce que je n'ai aucune idée du chiffre réel, que la consommation d'énergie domestique (donc hors automobile, ce qui constitue tout de même une part importante des émissions de gaz à effet de serre) soit en France de 10 000 kWh par personne. On pourrait alors imaginer que par rapport au prix actuel, tous les kWh jusqu'à 5 000 kWh soit gratuits, que tous ceux entre 5 000 et 10 000 kWh coûtent le double du prix actuel, et que tous ceux au-delà de 10 000 kWh coûtent le triple. (évidemment il faudrait affiner ça en ne comptant pas par personne mais par foyer, ou par foyer mais en tenant compte de la composition du foyer, mais ce sont des détails de mise en pratique).

De cette manière, les personnes qui consomment moins que la moyenne y gagne, d'autant plus qu'elles consomment peu, celles qui consomment plus y perdent, d'autant plus qu'elles consomment beaucoup, ce qui incitent à faire baisser la moyenne via des économies d'énergie ou des travaux d'amélioration de l'habitat (et ça en plus c'est bon pour l'économie). Et tous les ans (ou un peu moins souvent si c'est trop compliqué), on change le 10 000 kWh pour la nouvelle moyenne...

 

Mais vous me répondrez, "et les locataires", ils n'y peuvent rien si leurs propriétaires se moquent éperdument de leur consommation d'énergie. Réponse simple : le mécanisme s'applique à eux jusqu'à 10 000 kWh (pour les inciter à économiser l'énergie), mais la forte hausse de prix au-delà de ces 10 000 kWh est payée par le propriétaire, ce qui l'incite à ne pas laisser son appartement ou sa maison dans le club des passoires thermiques.

 

Voilà une idée qui ne me semble pas forcément très compliquée à mettre en oeuvre, et qui a l'avantage de la pédagogie. Mais je n'ai pas prévu être candidat à la présidence de la république...

 

 

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Published by D. - dans solutions
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