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18 décembre 2009 5 18 /12 /décembre /2009 08:22
Comme on pouvait plus ou moins s'y attendre au vue de signes avant-coureurs (voir 1 2 3 4 5), la conférence de Copenhague s'achemine doucement mais sûrement vers un échec, qui devrait être entériné d'ici à la fin de la journée.

Mais pas d'inquiétude, nos dirigeants sauront présenter cet échec comme une grande réussite en le cachant sous le tapis de leurs bonnes intentions : il y aura bien un accord signé, réaffirmant la nécessité de lutter contre le réchauffement climatique et de diminuer les émissions de gaz à effet de serre mondiales de 50% d'ici à 2050 par rapport à leur niveau de 1990. Mais cet accord sera juste un accord politique "d'intentions", sans aucune valeur juridique, ni pouvoir contraignant, ni objectifs intermédiaires chiffrées pays par pays. Ces points, les seuls qui importent réellement (les promesses politiques n'engagent que ceux qui les écoutent), seront reportés à des sommets, conférences et traités ultérieurs. Mais pendant ce temps les émissions mondiales de gaz à effet de serre continuent de croitre, d'environ 3% par an en moyenne. Plus nous tarderons à leur faire prendre le chemin inverse, plus l'effort à accomplir sera rude, voire inaccessible.

Une chose est sure, cette conférence met en lumière une nouvelle fois l'inexistence d'une gouvernance à l'échelle mondiale, l'échec des négociations étant principalement dû aux intérêts contradictoires des pays représentés, entre les exigences de développement des moins industrialisés, et l'absence de volonté des plus industrialisés, sur lesquels repose la responsabilité de la majeure partie des émissions passées, de financer le développement propre des premiers, et de lutter avec suffisamment d'ambition contre leurs propres émissions (l'exemple des USA est parlant). On peut également regretter le rejet total de la société civile de ces négociations, la plupart des ONG ayant été mises dehors manu militari.

Elle met également en lumière l'incompatibilité entre l'échelle de temps des effets du réchauffement climatique et de la lutte à mener contre les émissions de gaz à effet de serre (de l'ordre de la génération humaine) et l'échelle de temps des priorités politiques (qui se calcule en durée de mandat, soit 2 à 5 ans)... Hors de question pour un dirigeant politique dont le principal objectif est d'être réélu, ou d'assurer au moins la prédominance de son partie, d'engager des mesures potentiellement impopulaires donc ceux qui tireront les bénéfices ne sont peut-être même pas encore nés...

Article pas très optimiste aujourd'hui, dû sans doute à une déception proportionnelle aux attentes qu'avait occasionnées cette conférence, et les gesticulations de notre Naboléon assurant que lui vivant un accord ambitieux serait signé, et qu'on allait voir ce qu'on allait voir...



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Published by D. - dans actualité
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