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11 novembre 2009 3 11 /11 /novembre /2009 16:52


26 jours avant le début du sommet de Copenhague. Nos dirigeants soufflent le chaud et le froid. Difficile de savoir ce qui se dit dans les salons feutrés des réunions de négociations, mais au vu de ce qu'on peut lire dans les journaux, c'est un amoncellement de nuages très noirs qui semble se former sur le ciel de la conférence, et les éclaircies ne font plus que de timides apparitions.

Revue de presse récente :

Dans une réunion le week-end dernier, les ministres des finances du G20 ont de nouveau échoué à se mettre d'accord quant à la mise en place concrète d'un fond d'aide aux pays en développement pour les pousser à s'engager vers un développement propre. Si tout le monde est d'accord sur la nécessité absolue d'une telle aide, personne n'est prêt pour l'instant à mettre la main au porte-monnaie, ou du moins pour des montants autres que symboliques.
A noter qu'il y a une dizaine de jours, les représentants des pays africains ont annoncé qu'en l'absence d'un tel accord ils claqueraient la porte de Copenhague, comme ils viennent de le faire à Barcelone, à la dernière réunion de négociation avant la conférence...

Barack Obama, et donc l'administration américaine, semble privilégier pour Copenhague un "simple" accord politique où chaque état s'engagerait de manière individuelle à une réduction de ses émissions de gaz à effet de serre. Mais sans mécanisme de contrainte, ni objectifs globaux à l'échelle planétaire. Un accord au rabais en quelque sorte, mais qui laisserait la place à une poursuite des négociations.
Rappelons que ces dernières durent maintenant depuis plusieurs années et la conférence de Montréal fin 2005. Elles devaient au départ durer 1 an...
A l'heure actuelle, si on regroupe les annonces faites par tous les pays industrialisés, on aboutit à un objectif total de réduction des émissions de -10% à -18% en 2020 par rapport à 1990, quand cet objectif devrait plutôt être de l'ordre de -25% à -40% d'après les scientifiques du GIEC. Et sans mécanisme de contrainte, on peut même douter fortement que ces objectifs puissent être atteints, ceux de Kyoto ne l'ayant pas été alors qu'ils étaient moins sévères (par exemple le Canada qui devait réduire ses émissions de 6% les a augmentées de 25%)...

Suite à l'engagement fort d'ONG puissantes, ainsi que celui de personnalités médiatiques très écoutées, on pouvait espérer une prise de conscience citoyenne qui fasse pression sur les dirigeants. C'est le contraire qui semble se passer. Aux USA, la part de la population qui ne "croit" pas à la réalité du réchauffement climatique ne cesse d'augmenter, seuls 57% de la population pense maintenant qu'il en existe des preuves. Et en France, la coalition d'ONG qui espérait 1 million de signature à la campagne Ultimatum climatique vient tout juste de dépasser la barre des 300 000.

Le plus probable est donc que l'on s'oriente vers un accord au rabais, de manière à intégrer tout le monde et ne froisser personne, en repoussant encore une fois au futur les décisions à prendre. D'après un diplomate chinois, "Copenhague sera un point de départ, pas un point final". Mais pendant ce temps le temps passe, et les émissions mondiales de gaz à effet de serre augmentent encore et encore. Plus les décisions tardent plus elles risquent d'être prises quand il sera déjà trop tard pour agir efficacement.


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Published by D. - dans actualité
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