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22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 20:13
Deux mois après Copenhague, la plupart des principaux pays émetteurs de gaz à effet de serre ont annoncé leurs objectifs de réduction de gaz à effet de serre pour les années à venir, ou au moins une série de pistes envisagées pour aller dans le sens d'une réduction. Après deux mois, il y a peut de chance que de nouvelles annonces fracassantes voient le jour.

C'est donc le moment de faire un bilan et de voir ce que ça pourrait donner à l'horizon 2020.

Ce premier tableau récapitule les objectifs chiffrés annoncés par les parties membres de l'annexe 1 du protocole de Kyoto (grosso modo les pays les plus industrialisés). La deuxième colonne correspond aux émissions en 2005 en milliards de tonnes équivalent CO2.

pays émissions en 2005 objectifs d'ici à 2020 année de référence émissions en 2020 (avec objectifs atteints)
Australie
0,61
-5% à -25%
2000
0,43 à 0,55
Biélorussie
0,05
-5% à -10%
1990
0,09 à 0,1
Canada
0,75
-17%
2005
0,62
Croatie
0,02
-5%
1990
0,03
Union Européenne
3,90
-20% à -30%
1990
2,79 à 3,18
Islande
0,05
-30%
1990
0,03
Japon
1,65
rien à -25%
1990
0,89 à 1,65
Kazakhstan
?
-15%
1992
 
Nouvelle-Zélande
0,08
rien à -20%
1990
0,05 à 0,08
Norvège
0,05
-30% à -40%
1990
0,03 à 0,04
Russie
2,48
-15% à -25%
1990
2,50 à 2,83
USA
7,10
-17%
2005
6,05




 
Total
16,74


13,51 à 15,16


Lorsque deux valeurs sont données pour les objectifs, la plus optimiste est le plus souvent conditionnée à l'établissement d'un accord international ambitieux. Autant dire que c'est la valeur la moins optimiste qui est la plus probable.

Ce second tableau récapitule les objectifs des pays hors annexe 1 qui ont annoncé des objectifs quantifiables, et pas seulement une liste d'actions envisagées. Pour ces pays, il ne s'agit que d'engagements volontaires sans caractère contraignant ni vérification indépendante. Lorsque les objectifs sont une réduction de l'intensité énergétique (quantité d'énergie nécessaire à la production d'une certaine quantité de richesse), j'ai fait l'hypothèse pour 2020 d'une croissance moyenne du PIB légèrement inférieure à celle de ces dernières années. Il s'agit donc d'objectifs optimistes.
Lorsque la réduction est annoncée par rapport à un scénario "business as usual", j'ai fait pour celui-ci l'hypothèse d'une croissance similaire à la période 2000-2005.

Pour les autres pays, soit ils n'ont rien annoncé, soit leurs émissions étaient très faibles (je l'ai listé dans ce tableau que ceux dont les émissions sont significatives). Pour mémoire, 3 membres du "top 20" des plus gros émetteurs n'ont rien annoncé : l'Iran, l'Ukraine et l'Arabie Saoudite.

pays émissions en 2005 objectifs d'ici à 2020 émissions en 2020 (avec objectifs atteints)
Chine
8,55
diminution de 40 à 45% de l'intensité énergétique par rapport à 2005
17,13 à 18,69
Inde
2,17 diminution de 20 à 25% de l'intensité énergétique par rapport à 2005 5,16 à 5,51
Brésil
2,64
liste d'actions volontaires qui devraient permettre -37% par rapport à un scénario "business as usual"
2,53
Indonésie
1,58
liste d'actions volontaires qui devraient permettre -26%, mais l'année de référence n'est pas précisée ?
Mexique
0,65
-30% par rapport à un scénario "business as usual", sous réserve de financement par les pays développés 0,57
Corée du Sud
0,70
-30% par rapport à un scénario "business as usual" 0,54
Afrique du Sud
0,46
-34% par rapport à un scénario "business as usual", sous réserve de financement par les pays développés 0,46



 
Total
16,75

28 à 30


Si l'on compile les deux tableaux, ces pays représentent un peu plus de 80% du total mondial d'émssions de gaz à effet de serre.
Dans le scénario le plus optimiste, à savoir objectifs optimistes + objectifs atteints, les émissions totales de ces pays devraient augmenter d'environ 25% d'ici à 2020. En supposant les émissions de tous les autres pays constantes, les émissions mondiales atteindraient alors environ 51 milliards de tonne d'eqCO2.


voir aussi :

Principaux pays émetteurs de gaz à effet de serre


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Published by D. - dans général
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commentaires

Mythe 24/02/2010 21:51


Salut, je suis passée par curiosité sur ta page perso wiki et de clic en clic, j'arrive ici. Bon j'ai un peu mal au crâne après avoir lu cet article. En gros, ça vaut le coup d'aller au taf à vélo
ou se casse les pieds pour rien ? En tout cas merci pour la purge d'historique !! lol @+ Hélène alias Mythe


D. 25/02/2010 08:12


hum...

la version pessimiste : en allant en vélo, tu pourras toujours te dire plus tard que toi au moins tu auras essayé de faire quelque chose, et être en accord avec sa conscience c'est jamais néfaste.
Enfin, c'est même très pessimiste comme version !

version un peu moins pessimiste : pour suivre pas mal ce domaine à la fois sur les aspects scientifiques et sociaux-économiques (c'est lié d'assez loin à mon boulot et ça m'intéresse), j'ai
l'impression - partagé par pas mal de monde - que la population est en avance sur les pouvoirs politiques, au moins en Europe. Et clairement, si une personne qui va bosser en vélo ne changera rien
à la face du monde (1 tonne de CO2 éonomisée par an à la louche, contre 43 milliards émises), 1 personne + 1 personne + 1 personne (...) ça peut finir par faire un mouvement de fond qui entraîne
les pouvoirs publics à accompagner l'évolution de la société.
A ce titre, juste qu'à il n'y a pas si longtemps, les dirigeants politiques français se moquaient de tout ce qui touche à l'environnement comme de leur dernière chemise. La situation a évolué très
rapidement.
Et la population n'est pas la seule à être en avance sur le pouvoir politique : les milieux éonomiques le sont souvent également (mais pas tous, ça c'est sûr). Il ne faut pas oublier que Total et
BP (bouh, les affreux pétroliers) figurent parmi les acteurs majeurs des énergies renouvelables...