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15 juin 2009 1 15 /06 /juin /2009 21:15
Il y a quelques jours, les académies des sciences des pays du G8 + 5 (soit les pays du G8 auxquels se joignent l'Afrique du Sud, la Chine, l'Inde, Mexique et Brésil) - 13 pays qui doivent représenter à eux seuls une très grosse part des émissions mondiales de gaz à effet de serre actuelles et de la contribution "historique" au réchauffement climatique - ont produit une déclaration commune appelant à une action forte dans la lutte contre les émissions de GES, en perspective du Sommet de Copenhague à la fin de cette année.

On peut au passage se réjouir que l'Académie des Sciences française ait pris part à cet appel conjoint. Il n'est pas si loin derrière nous le temps où Claude Allègre pouvait encore faire souffler le chaud et le froid (ahah) au sein de cette institution.

Certes les mesures proposées (demandées) dans l'appel peuvent faire figure d'inventaire à la Prévert. Certes la part belle est faite à l'innovation et aux ruptures technologiques, ne laissant rien aux changements nécessaires de comportements. Mais l'appel à 50% de baisse des émissions de GES d'ici à 2050 par rapport à 1990 est fort, notamment quand on pense aux objectifs que souhaitent atteindre les USA.



Texte de la déclaration :



Déclaration commune des Académies des sciences pour le Sommet du G8 de juillet 2009
Le changement climatique et les transformations des technologies de l'énergie pour un
avenir à bas carbone

Mai 2009

Le changement climatique et l’approvisionnement en énergie, de façon durable, représentent
des défis cruciaux pour le futur de l'humanité. Il est essentiel que les dirigeants de tous les
pays du monde donnent leur adhésion sur les réductions nécessaires d'émission de gaz à effet
de serre pour combattre les conséquences néfastes du changement climatique
anthropogénique, lors des négociations de l'UNFCCC (United Nations Framework Convention
on Climate change) à Copenhague en décembre 2009. Il est également nécessaire, dans le
même temps, qu’ils s’entendent sur les actions à entreprendre pour assurer les besoins
élémentaires en énergie de tous les pays du monde.
Ces défis globaux demandent des solutions suffisamment flexibles et variées pour faire face
aux besoins d’un grand ensemble d’énergies particulières, tant en ressources qu’en sécurité.


Réduire la part de l'Homme dans le changement climatique

Le quatrième rapport d'évaluation du GIEC en 2007 (Intergovernmental Panel on Climate
Change, IPPC) sur les aspects scientifiques des changements climatiques concluait que des
réductions importantes des émissions de gaz à effet de serre, principalement de CO2, sont
nécessaires dans un avenir proche pour ralentir l'augmentation des concentrations
atmosphériques et les empêcher d'atteindre des taux inacceptables.
Cependant, le changement climatique se produit beaucoup plus vite que prévu ; depuis 2000,
les émissions de CO2 ont été globalement plus élevées que les prévisions les plus hautes, les
glaces de l'Océan arctique fondent plus rapidement que les modèles climatiques ne le
prévoyaient et l'élévation du niveau des mers s'accélère. Des rétroactions dans le système
climatique pourraient conduire à des changements climatiques beaucoup plus rapides.
Il est incontestable qu’il faut entreprendre de façon urgente des actions pour faire face au
changement climatique. Par exemple, limiter le réchauffement global à 2° imposerait une mise
en œuvre très rapide et à l'échelle mondiale de toutes les technologies bas carbone actuellement
accessibles dans le monde. Le G8+5 devrait mener la transition vers une économie mondiale à
bas carbone et encourager l'innovation, la recherche et le développement vers des
technologies à la fois de réduction et d'adaptation. Capitaliser sur des technologies nouvelles
demandera un effort scientifique majeur et des initiatives politiques pour accélérer leur
adoption. La nécessité de trouver des solutions face au changement climatique représente une
opportunité considérable, bien que non encore prise en compte, de créer de nouveaux emplois
et de stimuler des marchés nouveaux et émergents. L'innovation est nécessaire pour arriver à
une efficacité énergétique et une société mondiale à bas carbone ; elle doit avoir une place
majeure parmi les efforts réalisés pour rebâtir une économie mondiale.

L'adaptation au changement climatique


Comme on commence à se rendre compte des conséquences du changement climatique, il
devient de plus en plus important d'investir dans les technologies d'adaptation et ce, de façon
accrue et urgente. Le transfert de connaissances et de technologies vers les pays en
développement doit être accéléré. Les domaines cruciaux de recherche comprennent :
l'accroissement de la résilience des infrastructures urbaines et rurales et des régions naturelles
(incluant les zones côtières et les bassins fluviaux) ; l'augmentation des récoltes et de la
production alimentaire ; et les méthodes et technologies d‘économie et de préservation de l'eau.

Calendrier et énergie

Pour le futur proche, les sources d'énergie fossile restent primordiales pour diminuer la
pauvreté énergétique et pour satisfaire la demande énergétique croissante. L'exploitation de
ces sources fossiles doit être compatible avec l'objectif de réduction des impacts
anthropogéniques sur le changement climatique. Une amélioration continue des normes
d'efficacité et d'émission est nécessaire pour la production et l'utilisation des énergies fossiles.
Des technologies d'énergie bas carbone, économiquement viables, pourraient contribuer au
rétablissement et à la pérennité de l'économie mondiale. La diversification des sources
d'énergies primaires peut également diminuer la volatilité des marchés d'énergies fossiles et
augmenter la disponibilité et la sécurité des sources d'énergie.

Une économie à bas carbone requerra des systèmes intégrés, une collaboration internationale
et des actions concertées incluant :
  • des mesures rapides et très répandues pour la conservation d'énergie particulièrement dansl'industrie, le transport ainsi que dans la conception, l’exploitation et la construction desbâtiments. Ceci impliquera la mise en œuvre et le développement de technologies déjàexistantes et nouvelles, des consignes, des processus de contrôle et de certification ainsique l'éducation du public. Économie d'énergie et efficacité énergétique devraient être lespriorités cruciales à court terme ;
  • un programme international concerté pour explorer, développer et déployer les technologies de séquestration et stockage du CO2 (CO2 capture and storage, CCS), avec l'objectif de les utiliser dans le plus grand nombre possible de centrales à charbon ;
  • l’adoption et la mise en oeuvre rapidement croissantes de technologies d'énergie renouvelable, -telles que le vent, l'énergie géothermale, l'énergie solaire, les biocarburants, la puissance des vagues-, avec les investissement concomitants. Le développement de normes d’authentification du fonctionnement et de l’insertion de ces technologies, dans une perspective de développement durable, est essentiel ;
  • l'accès garanti à des approvisionnements adéquats et la promotion de la diffusion des technologies efficaces du gaz naturel ;
  • le développement et l'utilisation d'infrastructures innovantes pour la génération, la transmission, la conservation et la distribution de l'énergie ;
  • le développement de centrales nucléaires de sûreté et de sécurité assurées, avec la maîtrise à long terme des déchets. La collaboration internationale dans le développement de la prochaine génération de réacteurs nucléaires ainsi que dans la réduction du risque de prolifération est essentielle.
Recommandations

Reconnaissant le rôle crucial que les systèmes d'énergie à bas carbone doivent jouer pour
permettre une économie mondiale durable, les nations du G8+5 doivent saisir toutes les
occasions de coordonner et harmoniser leurs travaux sur les calendriers concernant le
climat et l’énergie, et de bâtir ainsi une collaboration internationale.

Nous appelons tous les dirigeants :
  • à donner leur adhésion lors des négociations de l'UNFCCC (United Nations Framework Convention on Climate change) de Copenhague à l’adoption d’un objectif mondial à long terme, et des buts de réduction d'émission à moyen terme, qui permette d'arriver en 2050 à des taux d'émissions mondiales d’environ 50% par rapport aux taux de 1990 ;
  • à augmenter significativement la recherche internationale fondamentale sur le climat de la Terre, sur les technologies bas carbone, pour protéger et augmenter la résilience des systèmes naturels au changement climatique ;
  • à identifier les priorités stratégiques communes pour mettre en oeuvre et développer les technologies nécessaires à un environnement durable pour s’adapter et/ou réduire des dommages éventuels;
  • à collaborer dans la mise en oeuvre des technologies et des infrastructures bas carbone et résistantes au changement climatique et dans la mise en oeuvre d'incitations innovantes visant à accélerer, par l'utilisation d'instruments économiques et régulatoires, l'adoption des technologies propres et "vertes" ;
  • à permettre et à soutenir l'accès des pays en développement aux technologies nécessaires pour avoir une énergie bas carbone pour un futur durable ;
  • à poursuivre le développement, la démonstration et l'utilisation des technologies CCS sans danger et à étudier l'établissement de standards pour ces technologies CCS ;
  •  à poursuivre la coopération internationale sur la sécurité et la sécurisation des centrales nucléaires, la maîtrise des déchets, et la réduction du risque de prolifération ;
  • à accroître de façon substantielle l'investissement dans le développement et le déploiement des technologies d'adaptation, et à augmenter le financement particulièrement pour les populations les plus vulnérables.
Les programmes d'éducation seront essentiels pendant que nous poursuivrons cette démarche.
L’information du public sera également nécessaire. Nous devons nous appuyer sur
l’enthousiasme actuel et sur l'engagement de la jeune génération.

Les Académies signataires sont :

Academia Brasiliera de Ciencias, Brazil
Royal Society of Canada
Chinese Academy of Sciences, China
Académie des sciences, France
Deutsche Akademie der Naturforscher Leopodina, Germany
Indian National Science Academy, India
Accademia Nazionale dei Lincei, Italy
Science Council of Japan, Japan
Academia Mexicana de Ciencias, Mexico
Russian Academy of Sciences, Russia
Academy of Science of South Africa, South Africa
Royal Society, United Kingdom
National Academy of Sciences, United States of America

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Published by D. - dans solutions
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