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5 avril 2009 7 05 /04 /avril /2009 20:29
Depuis plusieurs années, les observations satellites mettent en évidence une diminution de la surface minimale de la banquise arctique (cette surface est minimale en été, lorsque les températures sont les plus élevées). Cette diminution est illustrée par l'image de droite, issue d'observations de la NASA.

En 2007, année où cette surface a atteint un minimum record, les bateaux ont pu pour la première fois contourner le Canada par le nord sans sortir des eaux internationales, soit suivant la configuration géologique une distance des côtes d'eau moins 200 milles nautiques (370 km environ).

Au-delà des aspects écologiques (disparition de l'habitat de l'ours blanc, bouleversement des zones de reproductions d'animaux marins), cette diminution pourrait également avoir des conséquences géopolitiques : possibilité de contourner le Canada par le nord sans avoir besoin de demander une quelconque autorisation, désaffection du canal de Panama, ...



Au vu des prévisions de hausse des températures d'ici à la fin du siècle (carte de gauche), les zones arctiques pourraient faire partie des zones les plus violemment affectées.
Jusqu'ici, les prévisions des climatologues faisaient état d'une possible disparition totale de la banquise arctique l'été d'ici à 2100. Une étude parue cette semaine dans la revue scientifique Geophysical Research Letters montre que la dégradation pourrait être plus rapide que prévue, avec 25% de chance d'avoir une disparition totale de la banquise en fin d'été en 2028, et une fin annoncée en 2037. Le rythme de disparition de la banquise serait en effet trois fois plus rapide que ce qui était cru jusqu'ici.

Contrairement à ce qu'on pourrait penser au premier abord, une disparition de la banquise n'aurait aucune conséquence sur le niveau des océans. On peut faire facilement l'expérience suivant : placer un glaçon dans un verre d'eau, lorsque le glaçon fond, le niveau de l'eau n'évolue pas. Cependant, cette disparition aurait de nombreuses conséquences graves :
  • évolution locale de la salinité de l'eau, ce qui aurait certainement une influence sur les courants marins
  • graves conséquences sur la biosphère (poissons, mammifères, ...) du fait de la transformation de leur milieu de vie
  • la disparition de la banquise serait certainement accompagnée d'une diminuation importante de la surface des glaciers de Groenland, ce qui cette fois entraînerait une hausse du niveau des océans
Mais la conséquence la plus grave serait sans doute un effet "boule de neige" sur le réchauffement climatique. En effet, la glace réfléchit beaucoup plus les rayonnements solaires que ne le fait l'eau. Une diminutation de la surface de glace entraînerait donc une diminution de la fraction de rayonnements solaires réfléchis, et donc une augmentation des rayonnements solaires absorbés par l'eau, ce qui entraînerait une hausse de la température de l'eau, une fonte accrue des glaces, et ainsi de suite...

Devant de tels signaux d'alarme, il est donc plus que jamais urgent d'agir.


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