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7 avril 2010 3 07 /04 /avril /2010 22:01

La Chine est un producteur majeur de charbon, avec les troisièmes réserves mondiales en volume toutes qualités confondues (environ 13.5% des réserves mondiales, chiffre de 2005).

 

Jusqu'à fin 2008, elle était également un exportateur important, avec des exportations d'environ 57 millions de tonne en 2008 (exportations nettes de 17 millions de tonne si l'on exclue les importations), soit environ 7% du marché mondial (la majeur partie du charbon consommé dans le monde est consommé directement dans le pays extracteur, sans passer par le marché mondial).

 

En 2009, cette situation a très fortement évolué. D'après les chiffres publiés récemment par Eurocoal, les exportations ont diminuées pour atteindre 23 millions de tonnes, alors que les importations ont explosé pour atteindre 116 millions de tonne, soit des importations nettes de 93 millions de tonnes (plus de 11% du marché mondial). Ces importations massives ont contribué à faire repartir à la hausse le prix de la tonne de charbon, qui s'était effondré du fait de la crise économique.

 

Au-delà des aspects économiques (on peut s'attendre à une forte hausse des pris du charbon dans les années à venir, qui contribuera à renchérir les coûts de l'énergie), ces données illustrent le caractère particulièrement émetteur de CO2 de la croissance chinoise, avec une forte dépendance au charbon, combustible particulèrement polluant. Cette situation devrait aller en s'accentuant dans les années à venir, du fait de la longue durée de vie de centrales thermiques qui viennent juste de voir le jour ou sont encore en cours de construction. A moins que l'on s'achemine vers des solutions de type capture/stockage du CO2 émis, mais le développement de ces techniques en est encore au stade expérimental à l'heure actuelle.

 

 

articles liés :

 

* charbon

* la production mondiale de charbon a augmenté en 2008

 

 

 

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8 mars 2010 1 08 /03 /mars /2010 19:54
Indigo Sedan 1.4 DLEVisiblement, il n'y a pas qu'en France que les ventes de voitures progressent. En Inde, elles viennent de battre leur record de tous les temps le mois dernier (la photo à droite, c'est une Tata Indigo).

Evidemment, c'est un record à l'échelle de l'Inde, puisqu'il ne s'agit "que" d'un peu moins de 154 000 voitures vendues en un mois, soit à peu près 15% de moins qu'en France sur la même période, pour un pays 20 fois plus peuplé. Mais c'est un record qui laisse présager d'une tendance de fond. Avec le développement économique du pays et l'émergence d'une classe moyenne, peu nombreuse en proportion de la population mais qui représente un grand nombre de personnes dans l'absolu, les ventes de voitures ne peuvent aller qu'en augmentant, la voiture individuelle étant souvent considéré comme le symbole de la réussite économique personnelle (voir par exemple La classe moyenne en Inde, naissance d'une nouvelle caste).

densite automobile
Et c'est à ce stade qu'apparaît en pleine lumière notre schizophrénie d'occidentaux privilégiés. Parce qu'une part de nous se dit spontanément que ce n'est pas possible, que la planète ne supportera pas quelques centaines de millions de voitures supplémentaires, à la fois du fait de la raréfaction du pétrole et des émissions de gaz à effet de serre. Mais qu'en même temps nous ne pouvons pas refuser à d'autres de bénéficier d'un niveau de vie similaire au nôtre. Et pour ce qui est du nombre de voitures en circulation, l'Inde est à des années lumière du niveau de l'Europe ou des USA, voir le graphique de gauche. Les constructeurs automobiles, au moins les constructeurs indiens, n'ont pas de soucis à se faire pour l'avenir.


Aucune solution idéale et évidente à proposer malheureusement. Il risque d'être dangereux de faire comme si de rien n'était et d'attendre une révolution technologique. Même si l'on ne sait pas à l'heure actuelle qui de la voiture électrique ou de la voiture à hydrogène viendra la première, il n'y a plus guère de doute que l'une arrivera. Mais très certainement trop tard de 10 à 20 ans (sans oublier qu'une nouvelle technologie ne fera que déplacer le problème, il faudra tout de même produire l'hydrogène ou l'électricité). Le point où je voudrais en venir, c'est que ça devrait être le rôle de nos dirigeants politiques de préparer cette évolution et la transition à venir... On peut rêver...

articles liés :

* Bonne année 2009 pour le marché de l'automobile en France

* voitures du futur


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12 janvier 2010 2 12 /01 /janvier /2010 21:44
ventes voitures FranceCocorico, les ventes de voitures neuves en France ont progressé de plus de 10% en 2009 par rapport à 2010. Mieux, elles n'ont jamais été aussi élevées depuis 1990 ! Tous nos gouvernants et les médias reprennent donc en coeur cette information, c'est la fête ma p'tite dame.

Petite remarque avant d'aborder le fond de mon sujet, s'il suffit d'une augmentation de 10% de 2008 à 2009 pour que 2009 soit la meilleure année depuis 20 ans, c'est peut-être que la crise du secteur automobile est à rechercher ailleurs que dans la crise économique et une prétendue baisse des ventes : si l'on entre dans les détails, les ventes de 2008 étaient parfaitement dans la moyenne des 5 ou 6 années précédentes (voir graphique à droite, nouvelles immatriculations en France ces dernières années).


Grosso modo, la France se situe dans la moyenne européenne en terme de taux d'équipement, avec environ 600 voitures ou véhicules utilitaires pour 1000 habitants, ce qui représente un peu plus de 30 millions de véhicules individuels. Sachant que la durée de vie moyenne d'un véhicule particulier en France est d'environ 14 ans, les voitures vendues en 2009 resteront donc en moyenne sur les routes jusqu'en 2013. Avec une distance moyenne annuelle parcourue entre 12 000 et 12 500 km par voiture.

Le point où je souhaite en venir, c'est qu'il est assez paradoxal de parler d'émissions de gaz à effet de serre à combattre, de l'échec de Copenhague, et de tous se réjouir en coeur des ventes de voitures neuves en France qui battent des records. Au-delà même des aspects environnementaux, plus personne ne conteste le fait que les prix du pétrole, et donc des carburants automobiles, vont nécessairement croître fortement dans un proche avenir du fait de l'épuisement des ressources pétrolières (pic pétrolier). Sachant qu'un véhicule vendu aujourd'hui restera plus de 10 ans sur les routes, on voit tout de suite que l'adaptation de notre société à un monde pauvre en pétrole va subir une très forte inertie. Cela devrait rendre d'autant plus urgent la préparation de cette adaptation, plutôt que de se réjouir du maintien d'un système qu'on sait ne plus être durable.



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7 janvier 2010 4 07 /01 /janvier /2010 21:13
cours bourse carbon 07012010Depuis quelques années, les entreprises européennes dont les émissions direct de CO2 sont les plus importantes sont soumises à un système de quota, qu'elles peuvent échanger sur le marché européen d'échange des crédits d'émission  (dont j'ai déjà parlé dans un article dans lequel je soulignais ses grosses imperfections). Jusqu'à présent, l'allocation de ces quotas était gratuite et effectuée par chaque état membre (ce qui était en grande partie à l'origine des imperfections dont j'ai parlé, avec des allocations extrêmement généreuses de la part de chaque état pour ne pas pénaliser sa propre industrie). A tite indicatif, le cours de clôture de la tonne de CO2 ce soir s'établissait autour de 12€ (voir graphique).

L'un des biais de cette allocation gratuite, c'est que les entreprises se sont mis à intégrer dans le prix de leurs produits un coût correspondant à leurs émissions de CO2 ... qui ne leur avaient en réalité rien coûté, d'où des profits inespérés et assez immoraux (les secteurs les plus polluants sont ceux qui se sont vus attribuer le plus de quotas).

Une des manières de corriger ce biais aurait été de cesser les allocations gratuites, ce qui devait en principe se faire à partir de 2013 avec la mise en place un système d'enchères (les quotas actuels avaient été attribués plus ou moins dans le cadre des engagements pris pour respecter le protocole de Kyoto, qui s'achève en 2013, d'où le renouvellement).

Malheureusement (enfin, pas pour l'industrie), la commission a décidé de revenir sur ce changement. A partir de 2013, une partie des quotas sera donc bien attribée par un mécanisme d'enchère, mais plus de 160 secteurs industriels (parmis lesquelles les très polluantes industries métallurgiques ou cimentière) continueront à bénéficier de quotas gratuits du fait de risques de délocalisations. On pourrait même parler de subventions puisque ces quotas, bien que gratuits, pourront être échangés avec une valeur définie par le cours du marché européen d'échange des crédits d'émission. Les secteurs concernés correspondent à environ 50% du total des émissions soumises au marché des quotas.

Cette annonce de la commission européenne, qui marque si besoin était l'échec cuisant de ce système d'échange de quotas, commence tout de même à provoquer quelques remous au sein de certains états membres, qui verraient d'un meilleur oeil la suppression des quotas gratuits pour tous les secteurs industriels, assortie de la mise en place d'une "taxe carbone" au frontière (les entreprises situées hors du sol européen devraient payer des droits pour les émissions de CO2  liées aux produits qu'elles souhaitent vendre correspondant au prix de la tonne sur le marché d'échange européen).

Les semaines ou mois qui viennent seront décisifs dans le choix du mécanisme retenu, choix qui bien que d'apparence assez technique, influera fortement sur l'avenir de la lutte contre les émissions de CO2 en Europe, voire à l'échelle mondiale avec un éventuel effet boule de neige.



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2 septembre 2009 3 02 /09 /septembre /2009 20:48
Dans un entretien à paraître dans le Figaro, François Fillon annonce le montant fixé pour la taxe carbone à partir de 2010. Ce sera donc 14€ par tonne de CO2 rejetée.

Comme toujours, c'est l'histoire du verre à moitié vide ou à moitié plein. Enfin, ici je dirais plutôt au 3/4 vide et avec quelques gouttes au fond. Mais après tout quelques gouttes c'est toujours mieux qu'un fond de verre bien sec.

C'est mieux que rien tout simplement parce qu'il y a urgence, si nous voulons avoir ne serait-ce que l'espoir d'atteindre les objectifs minima annoncés par les spécialistes du domaine pour éviter que le réchauffement climatique ne dépasse les 2°C à l'horizon 2100. Et au vu de l'échec annoncé (même s'il faut toujours garder espoir) de la conférence de Copenhague prévue pour la fin de cette année, chaque petit pas dans la bonne direction est bon à prendre.

Deux possibilités existaient pour le gouvernement vis à vis du produit à venir de cette taxe carbone (estimé à une poignée milliards d'euros par an) : soit l'utiliser pour investir massivement dans les énergies propres, les véhicules du futur, la rénovation de l'habitat, et la recherche dans ces domaines, soit travailler à prélèvement constant, et in fine simplement modifier l'assiette de ces prélèvements pour tendre vers une fiscalité verte. C'est le second choix qui a été retenu, même si on peut penser qu'il aurait été plus pertinent d'opter pour le premier, une fiscalité verte n'ayant de sens que si elle représente une part importante des prélèvements obligatoires (si on en croit les estimations de l'état, le produit de la taxe carbone devrait représenter de l'ordre de 1% du total des prélèvements obligatoires de la France, ce qui est négligeable). Mais on peut aussi se dire qu'il faut un début à tout.

Mais le principal problème avec cette valeur de 14€ par tonne de CO2, c'est qu'elle est très loin d'être suffisante pour entraîner une modification en profondeur des comportements.

  -  14€, c'est moins que le cours de clôture de ce soir sur la bourse européenne d'échange de quota d'émissions (15 €)
  -  14€, c'est 2,3 fois moins que le montant préconisé par le rapport Rocard, et surtout... 7 fois moins que la valeur de la taxe carbone en Suède (et il semble pourtant bien que les Suédois survivent !)
  -  14€ représente environ 3 centimes par litre d'essence, soit moins que la variation de prix d'une station service à une autre... Et surtout beaucoup, beaucoup, beaucoup moins que ce qui nous attend dans un proche avenir du fait de la raréfaction du pétrole. Sachant qu'économiquement (et socialement), mieux vaut de loin des évolutions progressives que des chocs, il aurait été beaucoup plus intelligent de fixer une valeur nettement plus élevée, avec un taux de croissance certain, de manière à préparer les consciences à l'après pétrole et à l'énergie chère.
  -  14€, en supposant que la taxe concernera tous les gaz à effet de serre, et non le seul CO2 et a fortiori les seuls combustibles fossiles, cela représente en moyenne 140€ par an et par Français. Peut-être qu'une facture de 140€ à payer peut faire évoluer les consciences. Mais 140€ répartis sur 365 jours, c'est invisible.

Comme toujours, c'est l'histoire du verre à moitié vide ou à moitié plein. A chacun de savoir comment il voit le verre. Au vu des cris d'orfraie que j'ai entendus autour de moi ces derniers temps, il semble que si (presque) tout le monde s'accorde à dire qu'il faut agir (merci N. Hulot, ou Y. Arthus-Bertrand), (presque) personne n'est prêt à consentir au moindre effort et au moindre sacrifice dans son mode de vie, même s'il n'est pas durable à long terme.



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6 août 2009 4 06 /08 /août /2009 21:01
En ce moment, il faudrait habiter sur une île déserte pour ne pas avoir entendu parler du rapport qu'a remis Michel Rocard quant à la possibilité de mettre (enfin) en place un minimum de fiscalité verte au travers d'une taxe carbone, ou plutôt "contribution climat-énergie" (rapport en ligne).

D'une portée très limitée pour l'instant, ce rapport propose de ne taxer que les émissions liées aux combustibles fossiles (et donc pas la totalité des gaz à effet de serre), soit environ 5 tonnes d'équivalent CO2 par français, contre un total d'émissions annuelles de 10 tonnes d'eqCO2 par français si l'on considère également les autres gaz concernés par le protocole de Kyoto. Il chiffre par ailleurs un "coût de la tonne de CO2" initial à 32 euros, pour un objectif de 100 euros en 2030. 32 euros, c'est un montant pour le moins assez faible, même s'il reste nettement supérieur au cours de la tonne sur le marché européen. Pour donner un ordre de grandeur, 32€ la tonne correspondent à environ 7-8 centimes par litre de carburant (en considérant qu'une voiture consommant 6 litres au 100 km émet 150 g par km). Soit environ 50 € par an et par automobiliste "moyen", une goutte d'eau par rapport au coût de revient d'une voiture.
Le coût moyen par français a été estimé par l'ADEME à 160 euros par an, sachant que le rapport préconise que cette nouvelle taxation se fasse à pression fiscale constante. Pas de quoi fouetter un chat, donc. (et sans doute malheureusement largement insuffisant pour d'une part atteindre les objectifs de réductions d'émissions de gaz à effet de serre nécessaires pour limiter l'ampleur du réchauffement climatique, et d'autre part préparer l'économie et les ménages à la hausse à venir considérable des prix du pétrole à mesure que les réserves vont tendre à diminuer (voir : pic pétrolier)).

Malgré ce manque d'ambition, qui avait toutefois le mérite d'initier un mouvement et de préparer une prise de conscience de la société, c'est encore manifestement trop pour la société, ainsi que les milieux politiques, médiatiques et syndicaux.

Depuis une semaine, difficile de trouver un article de journal pour défendre cette mesure : c'est l'hallali...

Quelques florilèges :

"la taxe carbone de Rocard suinte le mépris du peuple"  (marianne 2, par un militant PS)

"taxe carbone : s'en prendre au pétrole ne servira à rien" (éco89, avec un raisonnement à faire honte à un collégien)

"la taxe carbone sous l'avalanche des critiques" (le monde)

sans compter les "brillantes" interventions à la radio ou la télévision du président de l'automobile club de France sur le thème éternel de l'automobiliste vache à lait, ou des anti-impôts de tout poil.

Et au vu des réactions des lecteurs de ces journaux, difficile de croire qu'elle est mieux accueillie par le grand public... Jusqu'aux lecteurs de actu-environnement, dont on pourrait penser qu'ils ont une "conscience écologique" et une conscience du problème un peu plus développée que la moyenne, qui eux aussi font feu de tout bois contre ce projet (voir les réactions à ces deux articles, 1 2).

Et évidemment, ce qui devait arriver finit par venir : dans un entretien au figaro magazine, le ministre du budget Eric Woerth, dont on peut supposer qu'il est ici en service commandé, déclare que 32€ la tonne est un chiffre trop élevé, et commence à annoncer plutôt une valeur de ... 12€ la tonne, soit 2€ de moins que le cours de ce soir sur le marché européen. 12€ la tonne, autant dire rien du tout (60€ par an et par français sur l'assiette choisie pour l'instant, 120€ en comptant toutes les émissions de gaz à effet de serre), et sûrement pas assez ni pour avoir le moindre impact psychologique, ni pour inciter à investir dans des énergies alternatives. Qui abandonnera sa voiture pour économiser une quinzaine d'euros par an ? Qui changera de chaudière pour en économiser dix ?

Encore un coup d'épée dans l'eau. Mais un coup d'épée qui risque, étant données les réactions, de braquer une grande partie de la population contre toute idée de fiscalité verte, alors que l'urgence est plus que jamais de changer radicalement notre façon de concevoir l'économie. Mais il est tellement plus facile de demander "aux autres" de résoudre le problème sans avoir rien à faire par soi-même... Alors que dans 5 ans, 10 ans ou 15 ans, ce n'est sûrement pas de quelques centimes que le prix de l'essence aura augmenté, mais de quelques dizaines... Et plus dur sera le choc que nous subirons pour avoir refusé de nous adapter progressivement !


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3 juin 2009 3 03 /06 /juin /2009 21:05
Tous les ans, l'ADEME (agence de l'environnement et la maîtrise de l'énergie) publie un palmarès des véhicules présentant les émissions de CO2 les moins élevées, ainsi que des statistiques sur le parc automobile français. En réalité il y a deux classements publiés, un pour les véhicules diesel et un pour les véhicules à essence.

Pour 2009, les voitures les moins émettrices de CO2 sont donc en essence la Toyota IQ (photo du haut) 99 g de CO2 / km et en diesel la Smart (photo du bas) avec 88 g de CO2 / km.

Evidemment, il s'agit de petites voitures. Dans les détails du palmarès, on peut remarquer dans les deux catégories une proportion importante de voitures "bon marché" (7 voitures à moins de 10 000€ en essence, 8 voitures à moins de 12 000€ en diesel).

A l'autre extrémité du palmarès, celui des voitures les plus polluantes, si le classement essence est dominé par des voitures de sport dont les ventes sont au mieux anecdotiques (lamborghini truste les 5 "premières" places), celui des véhicules diesel est quant à lui dominé par des véhicules dont les ventes sont loin d'être négligeables (4x4 et crossover), les trois plus mauvais élèves étant Volkswagen, Mercedes et Nissan.

L'information la plus intéressante de cette cuvée 2009 du classement provient du livret de statistiques. Comme tous les ans, les émissions moyennes de CO2 des voitures vendues en France ont baissé (voir figure en fin d'article), mais de manière nettement plus marquée que les années précédentes, sans doute du fait de l'effondrement du marché automobile en fin d'année lié à la crise économique, et au report des consommateurs sur des véhicules moins chers, et donc souvent plus petits et moins polluants (la part des voitures dites "économiques" est passée en 1 an de 44,1% à 54,5%). Pour la première fois, les émissions moyennes sont tombées en dessous de 140 g de CO2 / km (les objectifs européens négociés en fin d'année 2008 imposent d'atteindre 95 g / km en 2020). Attention toutefois, il s'agit des émissions moyennes des véhicules vendus dans l'année 2008, pas de l'ensemble du parc automobile français. Ce dernier se renouvelle (presque) totalement en une bonne quinzaine d'année et les véhicules vendus en une année ne représentent que 6% environ du parc total. La France est le seul pays de l'Union Européenne avec le Portugal à avoir franchi cette barre des 140 g, la moyenne européenne étant de 154 g.



Cependant, je ne peux pas m'empêcher de rappeler que la voiture la moins polluante est celle que l'on n'achète pas : une étude de l'ademe (voir ici en .pdf) estime le "coût" de fabrication d'une voiture à 1,5 tonne de CO2. Soit 10 g / km en supposant une durée de vie de 150 000 km. Ou 10 000 km de parcouru pour la "voiture moyenne Européenne" de 2008.



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2 juin 2009 2 02 /06 /juin /2009 20:17
Une part importante (pas la plus importante, mais loin d'être négligeable tout de même) des émissions mondiales de gaz à effet de serre est liée de près ou de loin à l'agriculture ou au transport des aliments. Naïvement, on pourrait penser que les fruits et légumes issus de l'agriculture biologique se montrent les meilleurs élèves vis à vis du réchauffement climatique.

Ce soir en faisant mes courses, je voulais des pommes (les nectarines et les abricots viennent encore d'Espagne pour le moment, et je suis contre la consommation de fruits et légumes hors saison). Et j'avais envie de royal gala, parce que je les aime bien. Arrivé devant le rayon pommes, la consternation : les royal gala viennent de Nouvelle-Zélande, soit... environ 18 000 km !! Qu'à celà ne tienne, je vais voir aux rayons bio (après tout si je peux en plus éviter un peu d'utilisation de pesticides pourquoi pas) et là, pas mieux : les pommes viennent... du Chili, soit environ 11 000 km. Je regarde un peu autour, les pommes de terre viennent... d'Israël, environ 3 000 km. Et même chose pour les oignons.

Alors autant je peux comprendre que pour les fruits exotiques, par exemple, il n'y ait pas d'autre choix que de les faire venir de loin. Autant pour des fruits et des légumes que nous produisons en France, je trouve criminel (n'ayons pas peur des mots) de les importer de pays distants de plusieurs milliers de kilomètres. Tout ça parce que la production de bio en France est insuffisante pour répondre à la demande.

Du coup à devoir choisir entre des royal gala de Nouvelle-Zélande, ou des royal gala bio du Chili, j'ai pris des fuji...

Ma petite aventure de ce soir au supermarché comme prétexte pour dire qu'il y a encore un long chemin à faire avant que tous les acteurs économiques (consommateurs inclus, sans acheteur pas de vendeur) prennent conscience du rôle que chacun d'entre nous joue dans la lutte contre le réchauffement climatique.


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18 mai 2009 1 18 /05 /mai /2009 20:39
Du 25 au 30 mai, Peugeot met en place une "vente flash" de 1000 véhicules à -25% de réduction. J'imagine que ça doit correspondre à quelque chose près à une vente à prix coûtant et que l'entreprise compte gagner de l'argent sur les financements de l'achat à crédit et sur l'entretien par la suite, une partie des clients étant plus ou moins captifs durant la durée de vie de leur véhicule au moins pour les pièces de rechange.

En période de crise de l'automobile, on peut comprendre qu'ils essaient de faire feux de tout bois pour relever la tête. Là où l'histoire est un peu moins plaisante, c'est que cette vente flash ne concerne pas un petit modèle, loin de là, mais le SUV de Peugeot, la 4007.

La 4007, c'est (d'après les données constructeur, donc sans doute tout sauf pessimiste) :

  •  9,5 L / 100 km en urbain, c'est à dire là où la majorité des clients de ce type de véhicules l'utiliseront
  •  7,2 L / 100 km en cycle mixte, avec des émissions de CO2 annoncées de 191 g/km
Sachant que ces valeurs de consommation et d'émissions de CO2 sont généralement mesurées sans utiliser les équipements de type climatisation, très gourmands en carburant.

Par cette vente flash, Peugeot fait un beau cadeau à des gens financièrement plutôt à l'aise (le premier prix sera à 24 225 € un fois la réduction déduite), mais pas à la planète et la lutte contre l'effet de serre et le réchauffement climatique.


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12 mai 2009 2 12 /05 /mai /2009 21:40
suite à mon article d'actualité d'hier, un petit zoom sur le charbon.

Comme le pétrole ou le gaz naturel, le charbon (ou la houille) est issu de la décomposition de végétaux il y a des millions d'années. Selon sa qualité, il est constitué de 90% à 97% de carbone (je mets de côté la lignite qui possède un taux de carbone nettement plus faible). C'est donc un combustible fossile, utilisé comme source d'énergie, mais fortement émetteur de CO2 et qui contribue donc très fortement à l'effet de serre et au réchauffement climatique.


Le charbon est l'une des sources d'énergie principale utilisées par l'homme : la part du charbon dans le mix énergétique mondiale est plus ou moins constante depuis quelques décennies et se situe autour de 25% (figure de gauche, échelle en million de tonnes équivalent pétrole, source : Agence Internationale de l'Energie AIE), un pourcentage légèrement inférieur à celui du pétrole et à peu près équivalent à celui du gaz naturel.




Par rapport au pétrole ou au gaz naturel, le charbon possède la particularité d'être majoritairement utilisé dans les pays où il est produit. Ainsi selon les statistiques d'Euracoal concernant le marché du charbon, les quantités échangées à l'internationales représentent moins de 15% de la production mondiale totale ! A quelques exceptions près, la carte des pays producteurs correspond donc à celle des pays consommateurs. En 2006, la production mondiale de charbon atteignait environ 5,5 milliards de tonnes (en incluant la lignite), soit une augmentation de presque 1,5 milliards de tonnes en moins de 10 ans (figure de droite, échelle en millions de tonnes de charbon, source AIE).

La majeure partie de cette augmentation est issue de la Chine, qui est de loin le premier producteur mondial de charbon, avec plus de 50% de la production mondiale.


Cette très forte augmentation de la production (et donc de la consommation, le charbon étant peu échangé sur le marché mondial), est évidemment lié à la croissance économique chinoise et plus précisément au développement de son réseau électrique. En effet, on le sait peu en France où la majeure partie de notre électricité est d'origine nucléaire, mais à l'échelle mondiale se sont les centrales thermiques au charbon qui constituent la technologie la plus utilisée, avec environ 40% de la production d'électricité (voir par exemple sur la figure de droite pour la production d'électricité en 2005, où l'on voit que la production d'électricité utilisant le charbon, en violet, équivaut pratiquement à celles utilisant le nucléaire, le gaz naturel et le pétrole réunis ! source AIE).
Cette utilisation suffit pratiquement à elle-seule à expliquer la hausse de la production chinoise, la Chine ayant construit en 2006 pour 93 GW (l'équivalent de 90 réacteurs nucléaires) de centrales thermiques au charbon, soit une centrale... tous les deux jours !

Comme le pétrole et le gaz naturel, le charbon est un combustible qui met des millions d'années à se former, nous épuisons donc les réserves à un rythme incomparablement plus rapide qu'elles ne se reconstituent. Comme pour le pétrole et le gaz naturel, il arrivera donc un moment où la production commencera à décliner faute de réserves exploitables.
D'après le World Energy Council (conseil mondial de l'énergie), les réserves mondiales prouvées de charbon se montaient en 2007 à 847 milliards de tonnes (51% de charbon de la meilleure qualité, 32% de qualité un peu inférieure et 17% de lignite), soit environ 140 ans de production au rythme de 2007 (sans doute nettement moins au vu le la croissance de la production). Evidemment, ces réserves sont inégalement réparties au niveau mondial, les trois principaux pays "bénéficiaires" étant les USA, la Russie et la Chine qui détiennent à eux trois de l'ordre de 60% des réserves (figure ci-dessous).

Néanmoins, il faut espérer pour l'avenir de la planète que ces réserves ne seront pas totalement utilisées. La combustion du charbon émet une quantité de CO2 proportionnelle à sa teneur en carbone. En excluant la lignite, cette quantité de dioxyde de carbone correspond à peu près à 3 tonnes de CO2 pour une tonne de charbon. Brûler la totalité des réserves, conduirait à des émissions de CO2 de l'ordre de 2 100 milliards de tonne, soit... 41 fois les émissions mondiales de tous les gaz à effet de serre pour l'année 2007 ! Malheureusement, si le charbon est la source d'énergie la plus "sale", c'est aussi la moins chère...


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