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12 août 2009 3 12 /08 /août /2009 21:07
En ce moment se déroule à Bonn la dernière grande conférence de préparation du sommet de Copenhague qui doit avoir lieu à la fin de cette année (informations disponibles sur le site des nations unies, dont notamment des webcasts) pour mettre en place les mécanismes qui succèderont au protocole de Kyoto dans la lutte contre le réchauffement climatique dû à l'effet de serre d'origine humaine.

Malheureusement, les annonces qui ont eu lieu depuis le début de la conférence sont pour la plupart très décourageantes.

Première à dégainer, c'est la Nouvelle-Zélande qui annonçait ses objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre à l'horizon 2020. Annonce symbolique venant d'un pays aussi peu peuplé (un peu plus de 4 millions d'habitants), mais qui donnait un avant goût de ce que pouvait promettre les pays riches. Et la Nouvelle-Zélande a donc annoncé un objectif de réduction de ses émissions de 10 à 20% d'ici à 2020 par rapport au niveau de 1990. Sachant qu'il s'agit de l'un des pays riches dont les émissions ont le plus augmenté entre 1990 et 2020 (d'environ 33% !, voir ici) l'objectif peut sembler important.

En réalité il n'en est rien. En effet, rapportées à la population actuelle du pays, les émissions de 1990 de la Nouvelle-Zélande en 1990 correspondent par habitant aux émissions de la France aujourd'hui ! Autrement dit, pour chaque Néo-Zélandais, diminuer de 10 à 20% ses émissions par rapport à celles de 1990 le conduirait au même niveau qu'un français qui réduirait les siennes de 10 à 20% par rapport à aujourd'hui ! Soit (en supposant que l'objectif atteint soit 20% de réduction et que la population augmente dans le même temps de 10%) des émissions de 7,5 tonnes d'équivalent CO2 par habitant, quasiment 4 fois l'objectif à atteindre en 2050. Autant dire très loin de ce qu'il faudrait faire pour atteindre cet objectif à plus long terme.

Une annonce symbolique, donc, mais pas celle que l'on pouvait espérer.


Après la Nouvelle-Zélande, c'est l'ensemble des pays riches à l'exception des USA qui ont annoncé un objectif de réduction de 15 à 21% en 2020 par rapport à 1990. En incluant les dernières annonces américaines (qui correspondent peu ou prou à un "simple" retour à leur niveau de 1990), cet objectif tomberait grosso modo à une réduction de 10 à 14%. Sachant que l'objectif minimum à atteindre se situerait plutôt entre 25 et 40% de réduction... soit au minimum deux fois plus ! Sachant que la Chine, l'Inde et la plupart des pays en développement ont clairement annoncé qu'ils ne prendraient aucun engagement si les objectifs de réduction des pays riches n'atteignent pas 40%.

à 117 jours de l'ouverture de Copenhague, c'est donc le pessimisme qui domine chez les observateurs...



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25 juin 2009 4 25 /06 /juin /2009 22:00
Le président Russe Dimitri Medvedev a annoncé la semaine dernière les objectifs de la Férération de Russie vis à vis de ses émissions de gaz à effet de serre, et ce n'est malheureusement pas une nouvelle positive.

Tous gaz confondus, les objectifs de la Russie correspondent à une réduction de 10% à 15% des émissions en 2020 par rapport à leur niveau de 1990.
Dit comme ça, cela peut sembler plutôt encourageant. Cependant, il ne faut pas oublier qu'avec la chute de l'URSS au début des années 1990, la Russie a subit une désintégration économique et industrielle, qui s'est traduite pas une très forte diminution de ses émissions. Ainsi, selon les chiffres founis par la Russie à la Convention des Nations-Unis sur le Changement Climatique, les émissions russes ont diminué de 29,3 % entre 1990 et 2006. En supposant que leur niveau est à peu près équivalent aujourd'hui (je n'ai pas de chiffres plus récents), une diminution de 15% par rapport au niveau de 1990 correspondrait en réalité à une augmentation de 20,2 % par rapport au niveau actuel !

En 2006, les émissions de la Russie ont représenté 2,478 milliards de tonne d'équivalent CO2 (5,2 fois les émissions de la France, ce qui en fait le 3e émetteur mondial derrière la Chine et les USA). La Russie comptant environ 142 millions d'habitant, les émissions individuelles de chaque citoyen russe sont donc de 17,5 tonnes d'eqCO2 (contre un peu plus de 10 tonnes pour un français, déjà gros émetteur).

En supposant que la Russie maintienne (et atteigne) l'objectif annoncé, et en supposant une population russe constante (ce qui ne sera certainement pas le cas, la population russe devrait nettement diminuer), les émissions individuelles de chaque citoyen russe seront alors de 21 tonnes pas habitants, soit... à peu près 10 fois l'objectif à atteindre en 2050 selon les experts du GIEC ! La Russie représenterait alors à elle seule 18% des "émissions permises" pour moins de 2% de la population de la planète !

Il y a quelques jours, le Japon a annoncé également des objectifs, presque aussi décevant, avec une réduction des émissions de 8% en 2020 par rapport à 1990, soit un peu plus de 10 tonnes d'eqCO2 par habitant (le niveau d'un français aujourd'hui).

Après les USA il y a quelques semaines, les mauvaises nouvelles en provenance des plus gros émetteurs se suivent et se ressemblent... Pas facile de deviner ce que sera Copenhague à la fin de l'année...


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8 juin 2009 1 08 /06 /juin /2009 20:34
Hier, élections au parlement européen.

Je ne vais pas revenir sur les scores déplorables, honteux même, de la participation (43 % aux dernières nouvelles). Mais de nombreux commentateurs voient dans le résultat de ces élections un début de frémissement de prise de conscience écologiste au niveau européen, lié notamment à la thématique du réchauffement climatique et de l'effet de serre.















à gauche, le parlement européen sortant. A droite, le nouveau parlement (les résultats ne sont pas encore définitifs, mais ça ne devrait pas évoluer considérablement.
Si on regarde dans le détail (on ne se rend pas bien compte sur les graphiques), le nombre de député "verts" passe de 42 en 2004, soit 5,7 % des sièges, à 52 en 2009, soit 7,1 % des sièges et une augmentation marquée.

Plus de la moitié de ces députés verts ont été élus en Allemagne et en France.
Même si le poids de ces élus reste très relatif au sein d'un parlement dominé par les conservateurs et les libéraux sortants, on peut espérer qu'ils pourront encore un peu mieux faire entendre leur voix.
On peut également espérer que cette "vague verte" dans deux des grands pays de l'Union ne soit pas qu'un feu de paille mais la signature d'une vraie prise de conscience.

A l'avenir et aux nouveaux députés de nous le démontrer.


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27 mai 2009 3 27 /05 /mai /2009 20:14
Comme je l'écrivais rapidement hier, le Forum des économies majeures (MEF), qui regroupe 17 pays parmi les plus riches du monde (contribuant à 80% de la consommation mondiale d'énergie et 80% des émissions de gaz à effet de serre) s'est tenu à Paris les 2 derniers jours, faisant suite à la réunion de Washington il y a un mois (dossier de presse du Ministère de l'écologie). La prochaine réunion du forum (il y en aura plusieurs jusqu'à la conférence de Copenhague) aura lieu en juin au Mexique.

Pas facile de faire un bilan de 2 jours de négociations quand les contenus des discussions ne sont pas rendus publics (négociations à huis clos, bonjour la démocratie) et qu'il faut se contenter de communiqués ou de conférences de presse (c'est un moment où l'on aimerait être une petite souris cachée sous la table des négociations !)

Si je voulais essayer de faire un bilan des annonces, je dirais que les résultats sont très mitigés, avec notamment une avancée importante, mais également un point de blocage marqué.

L'avancée en question concerne des progrès importants dans la possibilité de création d'un fond de soutien au pays en développement, pour les aider d'une part à s'adapter aux conséquences probables du réchauffement climatique, et d'autre part à lutter contre leurs propres émissions de gaz à effet de serre, qui à défaut d'être prédominantes dans les émissions mondiales, sont en croissances souvent fortes. Les contributions des différents pays à ce fond seraient calculées en tenant compte particulièrement des émissions historiques, des émissions actuelles et des PIB. Une sorte de "dette climatique" des pays riches envers les pays en développement. Les financements seraient encore en négociation, mais un tel fond ne serait pertinent qu'à l'échelle de 100-200 milliards de dollars par an.

Le point noir de la réunion, c'est l'absence d'avancée concrète des USA. Depuis les reculades des députés américains en début de mois, aucun progrès n'a été enregistré de l'autre côté de l'Atlantique, et l'objectif affiché par l'administration américaine semble toujours de ramener les émissions de gaz à effet de serre à leurs valeurs de 1990 à l'horizon 2020 (rappelons qu'un américain émet environ 2 fois plus de gaz à effet de serre qu'un européen chaque année !), alors que la feuille de route de bali (qui n'engage que ceux qui souhaitent s'engager) appelait les pays riches à une réduction de l'ordre de -30% à -40% de leurs émissions en 2020 par rapport à 1990 (et d'au minimum -10% dans le scénario le moins ambitieux). On en est donc loin !

Prochaine étape le Mexique, en espérant des progrès sur ces deux points.



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26 mai 2009 2 26 /05 /mai /2009 21:35
 

Une fois n'est pas coutume, un peu de politique sur le blog, ce soir.

A 206 jours de l'ouverture du sommet de l'ONU sur le climat qui décidera de l'avenir du protocole de Kyoto et des engagements internationaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de lutte contre le réchauffement climatique, quelques semaines après le forum des économies majeures (MEF) de Washington, une nouvelle édition du MEF a lieu à Paris depuis hier (j'en reparlerai dans les jours à venir, il n'y a aucun intérêt à essayer de faire un bilan de négociations quand elles sont encore en cours).

En parallèle de ce forum, plusieurs ONG françaises ou antennes françaises d'ONG internationales (en vrac : WWF, Greenpeace, ACF, Care, FIDH, Fondation Nicolas Hulot, Les amis de la terre, Médecin du monde, Oxfam, Réseau action climat, secours catholique) ont lancé un appel solennel au président Sarkozy et aux dirigeants du monde pour que ce sommet ne se résume pas à des négociations de marchands de tapis, ce qui serait une catastrophe pour l'humanité et pour la planète, mais se traduise par des engagements forts des pays industrialisés (responsables de la plus grande partie des émissions jusqu'à présent) tant pour réduire leurs propres émissions que pour aider les pays en développement à ne pas augmenter les leurs et à les réduire. L'objectif est de recueillir 1 million de signatures et de peser sur les choix qui seront fait au cours du sommet.

La vidéo de l'appel :





Dans la même veine et tant que j'y suis à parler d'appels et de pétitions, en cherchant de la documentation pour un (futur) article sur les agrocarburants, j'ai pris connaissance d'une autre pétition, lancée cette fois par Greenpeace, appelant à lutter de manière forte contre la déforestation.

Vidéo de l'appel :


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25 mai 2009 1 25 /05 /mai /2009 20:21
L'agence américaine d'information sur l'énergie (EIA) a publié mercredi dernier les chiffres préliminaires concernant les émissions de CO2 américaines pour 2008. Les chiffres définitifs seront connus à l'automne, de même que ceux concernant les autres gaz à effet de serre régis par le protocole de Kyoto (le CO2 représente 80% environ de la contribution des USA aux émissions de l'effet de serre).

Selon les résultats préliminaires, les émissions de CO2 américaine ont baissé de 2,8% entre 2007 et 2008, pour un total de 5,8 milliards de tonne environ (soit un peu plus de 19 tonnes par habitant).

Dans le détail, les émissions liées à la combustion de gaz naturel augmentent très légèrement (environ 1%), ce qui compense à peu près la baisse équivalente des émissions liées au charbon. La quasi-totalité de la baisse des émissions globales est due à une diminution d'environ 6% de la consommation de pétrole.

Pour comprendre l'origine de cette diminution, l'EIA avance plusieurs explications :

  •  Une hausse importante des prix de l'énergie. Les cours du pétrole ont atteint des sommets au premier semestre 2008, passant de 100$ le baril en janvier à 150$ en juillet, avant de redescendre lentement pour finir l'année à 50$ le baril. L'essence étant faiblement taxé aux USA, toute augmentation des cours du pétrole se fait très rapidement sentir sur le coût à la pompe des carburants, ce qui incite les automobilistes à modérer leur consommation et à se tourner vers des véhicules moins gourmands.
  • Une faible croissance économique, de 1.1% sur l'année 2008, avec un ralentissement économique extrêmement marqué sur la fin de l'année. Ralentissement économique entraînant une baisse de la production industrielle et des investissements, et donc de la consommation d'énergie.
Globalement depuis 1990 ("année zéro" vis à vis du calcul des émissions pour le protocole de Kyoto), la croissance annuelle moyenne des émissions de CO2 américaines reste de 0,8%, soit une augmentation totale entre 1990 et 2008 de 15,9%. Ce n'est pas la première fois que ces émissions baissent sur un an, cela avait déjà été le cas en 1991, 2001 et 2006. Même s'il s'agit d'une bonne nouvelle dans le cadre de la lutte contre leréchauffement climatique, il faut rester prudent et attendre de voir si cette baisse peut se prolonger sur le long terme ou s'il ne s'agit que d'un effet conjoncturel lié à la crise économique.


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19 mai 2009 2 19 /05 /mai /2009 20:34
D'après Le Monde de samedi dernier, Nicolas Sarkozy serait sur le point de confier à Claude Allègre une sorte de "ministère de l'innovation et de l'industrie", qui marcherait à la fois en partie sur les plates-bandes du ministère de l'économie et sur celles du ministère de la recherche.
Cette nomination constituerait sans doute l'enterrement définitif du frémissement de prise de conscience initié par le Grenelle de l'environnement.

Claude Allègre, c'est la négation incarnée du principe de précaution, qui selon lui s'oppose sans justification aux progrès de la société. Principe de précaution qu'il brocarde comme étant une simple volonté d'immobilisme. Et on peut aussi se souvenir de son opposition au désamiantage de Jussieu.

Claude Allègre, c'est l'homme des erreurs jamais reconnues, comme dans la polémique qui l'opposa il y a quelques années au canard enchaîné, il jouait les précurseurs de Xavier Darcos en faisant une erreur sur une question de physique de niveau Lycée, erreur qu'il refusera de reconnaître.

Mais avant tout, Claude Allègre, c'est l'homme qui nie le réchauffement climatique. Ou lorsqu'il daigne le reconnaître du bout des lèvres, lui nie toute origine humaine. Et qui pour mettre son opinion en avant publie des données truquées. (Claude allègre et Vincent Courtillot sévèrement critiqués dans La Recherche et L'organisation météorologique mondiale dément Claude Allègre).

Si pour l'instant personne n'a encore aucune certitude quant à son arrivée au gouvernement (encore que...) du fait de la tempête d'oppositions à laquelle on peut s'attendre, il y a tout de même une certitude que l'on peut avoir, c'est que ce serait un coup mortel porté à la lutte contre le réchauffement climatique et les émissions de gaz à effet de serre en France, lutte sacrifiée sur l'autel de "l'innovation". A l'heure de la nécessité vitale pour l'humanité et la planète de passer à un développement plus responsable et à la veille de la conférence de Copenhague, c'est un bien mauvais message à passer au monde.


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14 mai 2009 4 14 /05 /mai /2009 20:23
Il y a à peu près un mois, les députés américains et le gouvernement avaient pris des engagements rompant avec l'immobilisme de l'ère Bush dans le domaine de la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre, en particulier celles de CO2, et le réchauffement climatique. Ces engagements ont à peine un mois qu'ils commencent à être doucement rognés. Les chefs de la majorité démocrate à la chambre des représentants viennent en effet d'annoncer un certain nombre de freins à leurs ambitions :

  •  au lieu de 25% en 2025, la proportion d'électricité qui devra être produite à partir d'énergies renouvelables est ramenée à 20% en 2020.
  •  au lieu d'une diminution de 20% des émissions de gaz à effet de serre, cette diminution est ramenée à 17% en 2020 par rapport au niveau de 2005,  soit... tout juste un retour au niveau de 1990, alors que le protocole de Kyoto (que les USA ont signé mais pas ratifié), aurait demandé une diminution beaucoup plus notable.
  •  un marché du carbone devrait être mis en place, plus ou moins sur le modèle de celui existant en Europe. Initialement les permis d'émissions devaient être mis aux enchères, finalement au moins 35% des permis devraient être distribués gratuitement, diminuant d'autant les efforts des entreprises

Mais même avec ces concessions très importantes, le texte n'est pas sûr de passer... Le "pas en avant" américain était déjà timide, il se transforme doucement mais sûrement en sur-place. Et ce n'est une bonne nouvelle pour personne à quelques mois de la conférence de Copenhague et la négociation de l'après-Kyoto.


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11 mai 2009 1 11 /05 /mai /2009 20:35
Euracoal (association européenne du charbon et de la lignite) est une association regroupant les acteurs européens de l'industrie du charbon. Cette organisation publie régulièrement des rapports sur le marché du charbon dans le monde. Le plus récent de ces rapports, paru en avril, indique que la production mondiale de charbon a augmenté de 200 millions de tonne en 2008 par rapport à 2007, soit grosso modo 4%. Sur cette augmentation, plus des trois quarts proviennent de Chine.

Le charbon est une énergie fossile, utilisé en grande partie pour la production d'électricité dans des centrales thermiques, fortement émettrice de CO2. C'est même une énergie fossile particulièrement "sale", puisque à énergie équivalente, le charbon émet de l'ordre de 30% plus de CO2 que le pétrole.

Cette nouvelle augmentation est donc une nouvelle particulièrement mauvaise dans le cadre des objectifs de diminution des émissions de gaz à effet de serre et donc dans la lutte contre le réchauffement climatique.


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7 mai 2009 4 07 /05 /mai /2009 20:50
Avant hier, le 5, Patrick Devedjian ("ministre de la relance") a tenu un point presse pour donner des nouvelles de son action au cours d'un "point d'étape".

On savait déjà que la crise avait enterré profondément le Grenelle de l'Environnement (si toutefois il avait jamais été pris au sérieux par nos gouvernants), mais là c'est un nouveau pas qui va être franchi. En effet, Devedjian va "proposer à la consultation interministérielle un texte relevant les seuils de déclenchement obligatoire des enquêtes" publiques liées entre autre à la protection de l'environnement (texte de la loi en question).

Bon, d'un certain côté, les émissions de gaz à effet de serre n'ont jamais été vraiment prises en compte par ce type d'enquêtes. Cela dit, elle permettait tout de même de bloquer certains projets dont l'impact écologique était manifestement trop négatif. Ce qui pouvait de manière détourner contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique dû à l'effet de serre via la protection d'une forêt ou d'une prairie (rappelons que la nature des sols et leur protection influence fortement leur capacité à stocker le CO2).

Certes, l'assouplissement proposé par le Ministre ne permettra pas de construire une nouvelle autoroute sans enquête (mais un lotissement de taille moyenne, si). Mais symboliquement, c'est de nouveau l'environnement et la lutte contre le réchauffement climatique qui vont faire les frais du plan de relance, alors même que l'occasion de tourner notre économie vers un modèle plus vert n'a que rarement été plus favorable.



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