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31 août 2009 1 31 /08 /août /2009 20:47
De retour de vacances, ma boite aux lettres croule sous le courrier. Au milieu du tas, un prospectus de la mairie pour faire la promotion du site web d'organisation du covoiturage lancé par la municipalité, qui ouvrira dans deux semaines, et des deux parkings "points de rencontre covoiturage" qui ont également été créés.

Dans l'éditorial du maire, quelques arguments simples "utiliser seul sa voiture sur une dizaine de km engendre un rejet de plus de 660 kg de CO2 par an, alors que le rejet par voyageur en transport en commun est de l'ordre de 15 kg", suivi d'un appel à la mutualisation des trajets par le covoiturage. Arguments simples, mais que j'ai été vraiment surpris de lire de la plume d'un maire UMP qui ne se distingue pourtant pas du tout par son progressisme.

A l'heure actuelle le site n'ayant pas encore démarré, il est difficile de deviner s'il connaîtra le succès (ce que j'espère vraiment), mais voilà une initiative municipale qui me redonne un peu d'optimiste (après la déprime du sommet de Bonn) quant à nos possibilités de lutter contre les émissions de gaz à effet de serre et le réchauffement climatique. J'avais déjà aperçu quelques panneaux "point de rencontre covoiturage" en vacances à Vannes, j'espère que c'est une initiative qui va se généraliser à la plupart des villes et villages français ! A court terme en effet, la manière la plus efficace de réduire les émissions de CO2 dues au transport n'est pas d'espérer des voitures moins polluantes, mais bien de moins rouler !



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12 août 2009 3 12 /08 /août /2009 21:07
En ce moment se déroule à Bonn la dernière grande conférence de préparation du sommet de Copenhague qui doit avoir lieu à la fin de cette année (informations disponibles sur le site des nations unies, dont notamment des webcasts) pour mettre en place les mécanismes qui succèderont au protocole de Kyoto dans la lutte contre le réchauffement climatique dû à l'effet de serre d'origine humaine.

Malheureusement, les annonces qui ont eu lieu depuis le début de la conférence sont pour la plupart très décourageantes.

Première à dégainer, c'est la Nouvelle-Zélande qui annonçait ses objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre à l'horizon 2020. Annonce symbolique venant d'un pays aussi peu peuplé (un peu plus de 4 millions d'habitants), mais qui donnait un avant goût de ce que pouvait promettre les pays riches. Et la Nouvelle-Zélande a donc annoncé un objectif de réduction de ses émissions de 10 à 20% d'ici à 2020 par rapport au niveau de 1990. Sachant qu'il s'agit de l'un des pays riches dont les émissions ont le plus augmenté entre 1990 et 2020 (d'environ 33% !, voir ici) l'objectif peut sembler important.

En réalité il n'en est rien. En effet, rapportées à la population actuelle du pays, les émissions de 1990 de la Nouvelle-Zélande en 1990 correspondent par habitant aux émissions de la France aujourd'hui ! Autrement dit, pour chaque Néo-Zélandais, diminuer de 10 à 20% ses émissions par rapport à celles de 1990 le conduirait au même niveau qu'un français qui réduirait les siennes de 10 à 20% par rapport à aujourd'hui ! Soit (en supposant que l'objectif atteint soit 20% de réduction et que la population augmente dans le même temps de 10%) des émissions de 7,5 tonnes d'équivalent CO2 par habitant, quasiment 4 fois l'objectif à atteindre en 2050. Autant dire très loin de ce qu'il faudrait faire pour atteindre cet objectif à plus long terme.

Une annonce symbolique, donc, mais pas celle que l'on pouvait espérer.


Après la Nouvelle-Zélande, c'est l'ensemble des pays riches à l'exception des USA qui ont annoncé un objectif de réduction de 15 à 21% en 2020 par rapport à 1990. En incluant les dernières annonces américaines (qui correspondent peu ou prou à un "simple" retour à leur niveau de 1990), cet objectif tomberait grosso modo à une réduction de 10 à 14%. Sachant que l'objectif minimum à atteindre se situerait plutôt entre 25 et 40% de réduction... soit au minimum deux fois plus ! Sachant que la Chine, l'Inde et la plupart des pays en développement ont clairement annoncé qu'ils ne prendraient aucun engagement si les objectifs de réduction des pays riches n'atteignent pas 40%.

à 117 jours de l'ouverture de Copenhague, c'est donc le pessimisme qui domine chez les observateurs...



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6 août 2009 4 06 /08 /août /2009 21:01
En ce moment, il faudrait habiter sur une île déserte pour ne pas avoir entendu parler du rapport qu'a remis Michel Rocard quant à la possibilité de mettre (enfin) en place un minimum de fiscalité verte au travers d'une taxe carbone, ou plutôt "contribution climat-énergie" (rapport en ligne).

D'une portée très limitée pour l'instant, ce rapport propose de ne taxer que les émissions liées aux combustibles fossiles (et donc pas la totalité des gaz à effet de serre), soit environ 5 tonnes d'équivalent CO2 par français, contre un total d'émissions annuelles de 10 tonnes d'eqCO2 par français si l'on considère également les autres gaz concernés par le protocole de Kyoto. Il chiffre par ailleurs un "coût de la tonne de CO2" initial à 32 euros, pour un objectif de 100 euros en 2030. 32 euros, c'est un montant pour le moins assez faible, même s'il reste nettement supérieur au cours de la tonne sur le marché européen. Pour donner un ordre de grandeur, 32€ la tonne correspondent à environ 7-8 centimes par litre de carburant (en considérant qu'une voiture consommant 6 litres au 100 km émet 150 g par km). Soit environ 50 € par an et par automobiliste "moyen", une goutte d'eau par rapport au coût de revient d'une voiture.
Le coût moyen par français a été estimé par l'ADEME à 160 euros par an, sachant que le rapport préconise que cette nouvelle taxation se fasse à pression fiscale constante. Pas de quoi fouetter un chat, donc. (et sans doute malheureusement largement insuffisant pour d'une part atteindre les objectifs de réductions d'émissions de gaz à effet de serre nécessaires pour limiter l'ampleur du réchauffement climatique, et d'autre part préparer l'économie et les ménages à la hausse à venir considérable des prix du pétrole à mesure que les réserves vont tendre à diminuer (voir : pic pétrolier)).

Malgré ce manque d'ambition, qui avait toutefois le mérite d'initier un mouvement et de préparer une prise de conscience de la société, c'est encore manifestement trop pour la société, ainsi que les milieux politiques, médiatiques et syndicaux.

Depuis une semaine, difficile de trouver un article de journal pour défendre cette mesure : c'est l'hallali...

Quelques florilèges :

"la taxe carbone de Rocard suinte le mépris du peuple"  (marianne 2, par un militant PS)

"taxe carbone : s'en prendre au pétrole ne servira à rien" (éco89, avec un raisonnement à faire honte à un collégien)

"la taxe carbone sous l'avalanche des critiques" (le monde)

sans compter les "brillantes" interventions à la radio ou la télévision du président de l'automobile club de France sur le thème éternel de l'automobiliste vache à lait, ou des anti-impôts de tout poil.

Et au vu des réactions des lecteurs de ces journaux, difficile de croire qu'elle est mieux accueillie par le grand public... Jusqu'aux lecteurs de actu-environnement, dont on pourrait penser qu'ils ont une "conscience écologique" et une conscience du problème un peu plus développée que la moyenne, qui eux aussi font feu de tout bois contre ce projet (voir les réactions à ces deux articles, 1 2).

Et évidemment, ce qui devait arriver finit par venir : dans un entretien au figaro magazine, le ministre du budget Eric Woerth, dont on peut supposer qu'il est ici en service commandé, déclare que 32€ la tonne est un chiffre trop élevé, et commence à annoncer plutôt une valeur de ... 12€ la tonne, soit 2€ de moins que le cours de ce soir sur le marché européen. 12€ la tonne, autant dire rien du tout (60€ par an et par français sur l'assiette choisie pour l'instant, 120€ en comptant toutes les émissions de gaz à effet de serre), et sûrement pas assez ni pour avoir le moindre impact psychologique, ni pour inciter à investir dans des énergies alternatives. Qui abandonnera sa voiture pour économiser une quinzaine d'euros par an ? Qui changera de chaudière pour en économiser dix ?

Encore un coup d'épée dans l'eau. Mais un coup d'épée qui risque, étant données les réactions, de braquer une grande partie de la population contre toute idée de fiscalité verte, alors que l'urgence est plus que jamais de changer radicalement notre façon de concevoir l'économie. Mais il est tellement plus facile de demander "aux autres" de résoudre le problème sans avoir rien à faire par soi-même... Alors que dans 5 ans, 10 ans ou 15 ans, ce n'est sûrement pas de quelques centimes que le prix de l'essence aura augmenté, mais de quelques dizaines... Et plus dur sera le choc que nous subirons pour avoir refusé de nous adapter progressivement !


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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 21:35
De retour d'un déplacement professionnel en Allemagne, à Fribourg.
Mon hôtel était situé juste à côté d'un lycée, et voilà ce que j'avais devant moi en traversant la rue :



Combinaison de solaire photovoltaïque (les zones les plus sombres) et de solaire thermique (les zones plus claires). Je pense que l'éolienne n'est là que pour la décoration.

J'ai été vraiment impressionné dans la ville par les initiatives de ce type. Ce sont les seuls panneaux géants que j'ai croisés, mais il n'y a pas une rue sans au moins un petit panneau (sachant que le climat de Fribourg est exactement celui de l'Alsace, pour comparer à la France, donc pas le coin d'Europe le plus ensoleillé).

Un centre ville totalement piéton, entouré d'une zone limitée à 30 km/h, avec plusieurs lignes de tramway qui se croisent (on parle d'une ville de 150 000 habitants). Et des km et des km de pistes cyclables, avec un nombre incalculables de parking à vélo géants (et gratuits). ça fait drôle venant de France de croiser le matin des cadres en costards sur leur vélo en train d'aller bosser... Et surtout de croiser plus de cyclistes que d'automobilistes ! Je devais traverser une rocade pour aller de mon hôtel au centre de congrés, et on ne peut vraiment pas dire qu'il y avait une circulation dense (même si l'été doit jouer).

Je ne sais pas si le cas de cette ville est unique en Allemagne et que le reste est comme chez nous, mais je me suis dit que nous sommes vraiment en retard sur pas mal de choses...



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25 juillet 2009 6 25 /07 /juillet /2009 22:07
Comme je l'écrivais dans ma fiche de lecture du dernier livre de Jean-Marc Jancovici sur le réchauffement climatique, la première première étape avant toute action est la prise de conscience et donc l'information, en particulier du grand public.

On ne peut donc que se réjouir de la publication récente par le Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE, ou UNEP en anglais) d'un résumé vulgarisé de 59 pages du rapport 2007 du GIEC (groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) à destination du grand public, téléchargeable gratuitement sur cette page en français, accessible quasiment sans la moindre connaissance scientifique. Ce résumé touchera sans doute un public nettement plus vaste que les trois documents du rapport 2007 (disponibles sur ces trois pages :1 2 3), relativement arides et surtout très longs, un peu plus de 1200 pages juste pour le premier des trois.

Ce résumé est structuré en plusieures parties qui s'enchaînent naturellement :
  • observations actuelles (l'évolution du climat)
  • causes (activités humaines, principaux gaz à effet de serre et leurs effets)
  • les prévisions et les conséquences les plus probables
  • comment s'adapter et comment atténuer le réchauffement climatique : objectifs de réductions des émissions de gaz à effet de serre, avec notamment une analyse économique des coûts induits
il se termine sur un glossaire expliquant de manière simple les termes les plus couramment utilisés lorsque l'on parle des changements climatiques.

Même s'il ne se lit pas à la manière d'un roman policier, tel le livre de Jean-Marc Jancovici, il devrait contribuer de manière importante à la connaissance et à la compréhension qu'a le grand public des changements qui se préparent. A condition évidemment qu'il soit suffisamment diffusé, aspect sur lequel chacun d'entre nous à un rôle à jouer : la préface stipule clairement : A condition d'en mentionner la source, la présente publication peut être reproduite intégralement ou en partie sous quelque forme que ce soit, à des fins pédagogiques ou non lucratives, sans autorisation spéciale des détenteurs des droits d'auteur.


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21 juillet 2009 2 21 /07 /juillet /2009 22:26
Nouvelle petite fiche de lecture (j'ai profité des vacances universitaires pour emprunter quelques livres à la bibliothèque universitaire de ma fac pour améliorer mes cours).

aujourd'hui : C'est maintenant !  3 ans pour changer le monde un autre livre publié par Jean-Marc Jancovici et Alain Grandjean au Seuil en janvier de cette année. Cette fois, il ne s'agit pas d'un livre destiné aux adolescents et/ou au pré-adolescents, mais d'un ouvrage destiné à la fois au grand public et aux décideurs (responsables politiques, associatifs, chefs d'entreprise...) qui résume la problématique de l'énergie (et plus particulièrement des combustibles fossiles) et du réchauffement climatique, des conséquences probables de notre éventuelle inaction, et de l'éventail de solutions à mettre en oeuvre d'urgence. (table des matières sur le site d'un des auteurs)

S'il y a un bien une qualité que l'on peut reconnaître aux auteurs c'est de savoir tenir le lecteur en haleine du début à la fin du livre, qui se lit comme un thriller, au détail près que le coupable est connu dès le départ. Autant dire tout de suite par contre qu'il n'apprendra rien ou pas grand choses aux gens familiers de la problématique, tout juste quelques arguments supplémentaires utilisables pour essayer de convaincre de l'urgence. Mais là où à mon sens il fait preuve d'utilité publique, c'est qu'il est je pense lisible quasiment sans le moindre bagage scientifique, et donc par le plus grand nombre. Tout y est vulgarisé à l'extrême (sans toutefois tomber dans des simplifications hasardeuses).

Et autant, comme dans son livre précédent, j'ai du mal à suivre Jean-Marc Jancovici dans son "amour" du nucléaire (question d'ordre de grandeur pour laquelle je ne suis pas d'accord avec lui : pour moi le nucléaire peut faire partie des solutions, mais il jouera un rôle très mineur), autant contrairement à beaucoup il ne cherche pas à faire croire que tout se réglera à coup de mesurettes et autres ampoules à basse consommation, mais bien par un changement assez radical de nos modes de vie.

Là également où les auteurs font mouche, c'est lorsqu'ils mettent en évidence l'ignorance crasse et l'incompétence criminelle de la plus grande partie de nos dirigeants vis à vis de la problématique du changement climatique, et l'opposition flagrante entre intérêts de court terme et de long terme. Et l'ignorance à peine inférieure des médias.

Le premier pas dans la lutte et dans l'action passe clairement par une prise de conscience du problème et des solutions à mettre en oeuvre, c'est pourquoi la parution de ce livre peut être salutaire, du moins en France, afin que plus personne ne doute et n'échafaude des théories conspirationnistes. Sa lecture devrait d'ailleurs carrément être imposée à tous les députés, ministres, députés européens ou dirigeants influents (j'ai d'ailleurs envie de prendre les auteurs au jeu : le livre vous rapporte de l'argent ? votre société de conseil vous rapporte de l'argent ? alors utilisez en une partie pour envoyer un exemplaire du livre au maximum de personnes influentes !).

En tous les cas, même si c'est très anecdotique, il figurera en bonne place dans la liste des ouvrages que je conseille à mes étudiants...



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20 juillet 2009 1 20 /07 /juillet /2009 20:23
Une fois n'est pas coutume, je vais écrire un article qui parlera de moi, du moins en bonne partie.

Ce matin avant le boulot, j'ai lui un article sur le blog de Sylvestre Huet (journaliste scientifique à libération), article au sujet d'un rapport publié par le World Ressources Institute (qu'on pourrait plus ou moins qualifier de think tank écologiste), compilation d'études montrant une accélération des émissions mondiales de gaz à effet de serre et du réchauffement climatique. Jusqu'ici malheureusement rien de très surprenant.

Par curiosité, je jette un oeil à la trentaine de commentaires publiés en réaction à l'article au moment de la lecture. Et là c'est un coup de poing au creux de l'estomac. Petit florilège :

Il faut bien dire que c'est un mensonge, sinon on va partir sur de mauvais choix qui coûteront cher en énergie et en ressources (...) mais pas de relation avec le CO2.

ils vont peut-être nous expliquer que si la température baisse, c'est à cause du Réchauffement Climatique...

On entend de plus en plus de scientifiques qui s'opposent à la religion réchauffiste

"Le changement climatique s'accélère"...et le lavage de cerveau continue. (...) Il est certain que d'autres ont trop investi psychologiquement, politiquement, médiatiquement dans le mythe anthroporéchauffiste...Comme les vieux Staliniens, ils ont commencé à mentir par conviction, ils continueront à mentir par lâcheté.

Cessez de mentir pour foutre la trouille aux gens, le réchauffement n'est qu'une hypothèse


Après avoir lu tous ces commentaires, j'ai beau me dire qu'ils suintent la théorie du complot par tous les pores (après tout, des tas de gens sont persuadés qu'Elvis a été enlevé par des extra-terrestres ou que personne n'a jamais marché sur la lune) il y a quelques doutes qui essaient de pointer le bout de leur nez. Parce qu'il est tellement plus facile de se dire que tout est une vaste conspiration et un mensonge, ce qui permet de s'exonérer de toute responsabilité et d'éviter toute action et tout remise en cause. Et après tout, si le GIEC dit que le réchauffement climatique est réel, et lié à l'effet de serre d'origine anthropique, et que le rôle du GIEC est de publier des résultats et des données qui font consensus, c'est sans doute parce que tous les scientifiques qui le composent font parti de la conspiration... C'est tellement plus facile de ne pas avoir besoin d'agir et de changer nos modes de vie...

Malheureusement, si de tels commentaires sont publiés, par des gens qui croient fermement à ce qu'ils écrivent, c'est que la plupart des média ne font pas ou font mal leur travail. Quel présentateur de JT ou de journal radio possède une culture scientifique et a parfaitement assimilé la problématique ? Si nous voulons changer les mentalités et agir, la première étape, et sans doute la plus importante, passe par une information de qualité, et pas juste par un mantra "effet de serre réchauffement climatique effet de serre réchauffement climatique". Pour que chacun ait toutes les cartes en main et puisse agir en conscience. Sans conspirationnistes.



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6 juillet 2009 1 06 /07 /juillet /2009 07:30
Pas assez de temps en ce moment pour écrire de nouveaux articles, reprise bientôt j'espère...

à venir notamment :

  • négociations et débats autour de la mise en place d'une taxe carbone en France
  • objectifs de la présidence Suédoise de l'union européenne
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25 juin 2009 4 25 /06 /juin /2009 22:00
Le président Russe Dimitri Medvedev a annoncé la semaine dernière les objectifs de la Férération de Russie vis à vis de ses émissions de gaz à effet de serre, et ce n'est malheureusement pas une nouvelle positive.

Tous gaz confondus, les objectifs de la Russie correspondent à une réduction de 10% à 15% des émissions en 2020 par rapport à leur niveau de 1990.
Dit comme ça, cela peut sembler plutôt encourageant. Cependant, il ne faut pas oublier qu'avec la chute de l'URSS au début des années 1990, la Russie a subit une désintégration économique et industrielle, qui s'est traduite pas une très forte diminution de ses émissions. Ainsi, selon les chiffres founis par la Russie à la Convention des Nations-Unis sur le Changement Climatique, les émissions russes ont diminué de 29,3 % entre 1990 et 2006. En supposant que leur niveau est à peu près équivalent aujourd'hui (je n'ai pas de chiffres plus récents), une diminution de 15% par rapport au niveau de 1990 correspondrait en réalité à une augmentation de 20,2 % par rapport au niveau actuel !

En 2006, les émissions de la Russie ont représenté 2,478 milliards de tonne d'équivalent CO2 (5,2 fois les émissions de la France, ce qui en fait le 3e émetteur mondial derrière la Chine et les USA). La Russie comptant environ 142 millions d'habitant, les émissions individuelles de chaque citoyen russe sont donc de 17,5 tonnes d'eqCO2 (contre un peu plus de 10 tonnes pour un français, déjà gros émetteur).

En supposant que la Russie maintienne (et atteigne) l'objectif annoncé, et en supposant une population russe constante (ce qui ne sera certainement pas le cas, la population russe devrait nettement diminuer), les émissions individuelles de chaque citoyen russe seront alors de 21 tonnes pas habitants, soit... à peu près 10 fois l'objectif à atteindre en 2050 selon les experts du GIEC ! La Russie représenterait alors à elle seule 18% des "émissions permises" pour moins de 2% de la population de la planète !

Il y a quelques jours, le Japon a annoncé également des objectifs, presque aussi décevant, avec une réduction des émissions de 8% en 2020 par rapport à 1990, soit un peu plus de 10 tonnes d'eqCO2 par habitant (le niveau d'un français aujourd'hui).

Après les USA il y a quelques semaines, les mauvaises nouvelles en provenance des plus gros émetteurs se suivent et se ressemblent... Pas facile de deviner ce que sera Copenhague à la fin de l'année...


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17 juin 2009 3 17 /06 /juin /2009 20:53
Le chiffre que l'on croise le plus souvent lorsque l'on entend parler d'objectifs nécessaires de réduction des émissions de gaz à effet de serre, c'est celui d'une réduction des émissions mondiales de 50% en 2050 par rapport à celles de 1990 (attention, je parle bien ici des objectifs avancés par les milieux scientifiques ou les sociétés savantes, pas de ceux qui le sont par les états, et notamment les USA), objectifs qui devraient permettre si la tendance est poursuivie de limiter l'ampleur du réchauffement climatique à environ 2°C en 2100.

Malheureusement, "réduction des émissions mondiales de 50% en 2050 par rapport à celles de 1990", on ne peut pas dire que ce soit particulièrement parlant, et je pense que la plupart des gens ont du mal à se représenter l'effort nécessaire.

En 1990, la population mondiale dans son ensemble a émis 33 milliards de tonnes d'équivalents CO2. Réduire de 50%, cela veut donc dire revenir à 16,5 milliards de tonnes d'eqCO2 par an (nous émettons aujourd'hui un peu plus de 41 milliards de tonnes) en 2050.

Selon les projections réalisées par les experts de l'ONU, la population mondiale devrait être voisine de 8,5 milliards d'habitants en 2050 (voir figure de droite) dans le cas le plus probable. L'objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre devrait donc conduite à une limitation à 1,94 tonnes d'eqCO2 par an. Arrondissons à 2 tonnes par an.

2 tonnes par an d'eqCO2 c'est :

  •  20% de plus seulement que ce qu'émet un français moyen pour ses déplacements en voiture (1,6 tonnes), un peu moins que ce qu'il émet pour la totalité de ses déplacements (train, avion, voiture) (2,05 tonnes)
  • moins de 20% de plus seulement que ce qu'émet un français moyen pour son chauffage (1,7 tonnes)
  • l'équivalent de ce qu'émet un français moyen pour sa "consommation courante" (vêtements, équipements, ...)
  • beaucoup moins que ce qu'émet un français moyen pour s'alimenter (3 tonnes)
Globalement, ça correspond à une diminution d'un facteur 5 de nos émissions individuelles (pour les français). Plus que ce que nous pourrons jamais faire avec de simples mesurettes sans faire évoluer nos modes de vie et de consommation. Mêmes nos habitudes alimentaires.



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