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5 août 2011 5 05 /08 /août /2011 08:27

pas vraiment le temps d'écrire depuis quelques semaines, mais les idées d'articles s'accumulent, donc le blog devrait reprendre vie dès que possible :-)

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20 juin 2011 1 20 /06 /juin /2011 21:01

repartition sources energie 2010En 2009, la consommation mondiale d'énergie, et notamment d'énergies fossiles, avait diminué du fait de la crise économique pour la première fois depuis le second choc pétrolier. Selon les statistiques annuelles publiées par BP au début du mois de juin, cette consommation est repartie à la hausse, conformément à sa tendance de long terme (rapport disponible ici) et en faisant plus qu'effacer totalement la baisse de 2009. La hausse a été de 5.6% par rapport à 2009, ce qui constitue la croissance la plus rapide d'une année à l'autre depuis 1973, pour atteindre le chiffre de ... 12 milliards de tep (tonne équivalent pétrole). Pour la Chine, la hausse a même dépassé les 11%, faisant de la Chine le plus gros consommateur d'énergie devant les USA.

 

Dans le détail, la majeure partie de cette hausse est le fait des énergies fossiles (ce qui constitue une mauvaise nouvelle de plus sur le front de la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre), avec +3.1% pour le pétrole (qui reste la source d'énergie la plus importante à l'échelle mondiale), +7.4% pour le gaz naturel (avec +5.6% pour les USA qui dépassent leur record de consommation), et +7.6% pour le charbon, porté principalement par la demande chinoise (la Chine représente à elle seule près de la moitié de la consommation mondiale de charbon, principalement pour la production d'électricité). Pour ce qui est des énergies renouvelables (hors hydroélectricité), elles ne dépassent toujours pas 2% de la consommation mondiale...

 

 

articles liés : projections 2010 de l'EIA : vers une forte hausse des émissions de CO2

 

 

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26 mai 2011 4 26 /05 /mai /2011 23:11

Et parce qu'une photo parle plus qu'un long discours :

 

deforestation Bresil

 

Il y a encore quelques années, la totalité de la photo aurait été occupée par de la forêt... Et même si elle date de 2008, elle est à l'image de ce qui se passe aujourd'hui.

 

L'institut brésilien de recherche spatiale a publié la semaine dernière des photos satellites qui mettent en évidence la disparition de 593 km² de forêt primaire amazonienne sur les mois de mars et avril. Soit près de 6 fois plus que ce qui avait été observé sur la même période en 2010 (103 km²), et 6 fois la surface de Paris. La plus grande partie de ces destructions ont eu lieu dans l'état du Mato Grosso, connu pour ses gigantesques exploitations de soja (le Brésil est le plus gros exportateur mondial de tourteaux de soja, utilisé dans l'alimentation bovine).

 

Lorsque l'on sait que la majeure partie des actions promises par l'état brésilien pour diminuer ne pas augmenter ses émissions de gaz à effet de serre dans les années qui arrivent (voir ici les objectifs chiffrés) sont liés à la lutte contre la déforestation, il y a de quoi devenir pessimiste. Mais on peut aussi souligner que comme dans le cas des émissions chinoises dues à ses exportations industrielles, ce sont les consommateurs occidentaux de viande brésilienne ou de viande nourrie aux tourteaux de soja qui sont en réalité à l'origine de ce cette augmentation de la déforestation... Think global act local, comme le prônent les altermondialistes...

 

 

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8 mai 2011 7 08 /05 /mai /2011 14:17

J'avais déjà évoqué dans d'autres articles le biais statistique que constitue le fait de ne pas prendre en compte les importations et exportations dans les bilans des émissions de gaz à effet de serre de chaque pays. C'est ce biais statistique qui conduit notamment à faire de la Chine le plus gros émetteur de CO2 devant les USA, et à voir des baisses d'émissions là où elles augmentent en réalité.

 

Dans un article à paraître dans les Comptes-rendus de l'Académie des Sciences des USA (PNAS, disponible en ligne en suivant ce lien), une équipe de chercheurs Norvégiens, Allemands et Américains ont tenté d'intégrer les flux de CO2 contenus dans les échanges internationaux de marchandises dans les émissions de gaz à effet de serre par pays, sur une période d'un peu moins de 20 ans. Même si leur étude a concerné 113 pays individuellement, ce premier article ne rapporte des résultats qu'à l'échelle de grandes zones géographiques, en se focalisant notamment sur deux groupes de pays, à savoir les pays concernés par l'annexe B du protocole de Kyoto (grosso-modo les pays développés) et le autres (pays en développement + émergents).

 

importation CO2En ce qui concerne les pays développés, leurs émissions de gaz à effet de serre domestiques, c'est à dire réalisées sur leur territoire ou le territoire d'autres pays développés, ont baissé d'un peu moins de 300 millions de tonnes entre 1990 et 2008, soit à peu près 1/3 des objectifs négociés dans le protocole de Kyoto. En ne regardant que l'Europe, la baisse est légèrement supérieure, mais surtout elle est très proche de ses objectifs. (voir figure de droite, les barres grises, les étoiles représentent les objectifs selon Kyoto).

 

Mais c'est là que la prise en compte des importations vient tout chambouler (barres de couleur : en bleu les importations en provenance de Chine, en vert d'Inde, en orange du Brésil, et en rouge des autres pays en développement, à chaque fois les exportations vers ces pays ont été soustraites) : dans le cas de l'Europe, les échanges vers ces pays correspondent à une hausse des émissions de CO2 de près de 500 millions de tonne ! En résumant, si l'on ne tient pas compte de la production sur le territoire européen mais bien de la consommation, les émissions de CO2 en Europe n'ont pas baissé entre 1990 et 2008, elles ont augmenté !

 

Si l'on s'intéresse à l'ensemble des pays développé, on aboutit ainsi à :

 

* une baisse d'un peu moins de 300 millions de tonne de la production domestique de CO2

* une hausse d'un peu plus de 1,2 milliard de tonnes des "importations de CO2", c'est à dire du CO2 produit dans les pays en développement pour des produits consommés dans les pays développés.

 

Même si cela n'enlève rien au fait que la forte hausse des émissions mondiales entre 1990 et 2008 a été liée au développement économique des pays en développement (+ 7,4 milliards de tonne), cela relativise nos beaux discours vertueux quand au verdissement des économies des pays développés (+ 1 milliard de tonne si c'est la consommation qui est prise en compte)...

 

Tant que le contenu carbone des produits et services ne sera pas intégré dans leur coût, et dans les statistiques pays consommateurs et pas des pays producteurs, la situation a peu de change d'évoluer.

 

Pour les curieux, le graphique ci-dessous indique l'évolution des échanges de CO2 par secteurs (une valeur négative signifie que les produits sont fabriqués dans les pays en développement et consommés dans les pays développés). On voit que l'industrie se paye la part du lion, ce qui correspond bien à l'image que l'on se fait de la délocalisation des industries polluantes et pauvres en valeur ajoutée.

 

importation CO2 par secteur

 

 

voir aussi : empreinte énergétique par pays

 

 

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10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 21:08

investissement energie verte 2D'après les statstiques publiées à la fin du mois de mars par le Pew Environment Group, les investissements non gouvernementaux dans les énergies vertes (sont également considérées ici comme énergies vertes les agrocarburants (ce qui peut être discuté) et l'efficacité énergétique, mais pas le nucléaire) ont augmenté de 30% en 2010 par rapport à 2009 pour atteindre 243 milliards de dollars (environ 175 milliards d'euros). Sans surprise, ce sont le solaire et l'éolien qui se taillent la part du lion, avec environ 80 milliards chacun (voir la figure de droite, échelle en milliards de dollars).

 

 

 

investissement energie verteCe qui est peut être plus surprenant, c'est le classement des pays qui attirent le plus les investissements privés dans le domaine des énergies vertes. On retrouve donc en tête du classement... la Chine, suivie de l'Allemagne, des USA et de l'Italie (figure de gauche). La France n'occupant qu'une modeste 8e place... Ramené au PIB, c'est l'Allemagne qui occupe cette fois la première place, avec  des investissements correspondants à 1,4% de son PIB, devant l'Italie et la Chine (la France étant 10e avec 0,15%...). Du fait de ces investissements, la Chine concentre à elle seule 50% de la production de panneaux solaires et de turbines éoliennes.

 

Comme il s'agit d'une étude annuelle, il est possible d'effectuer également des comparaisons sur plusieurs années, comparaisons guère plus flatteuses pour la France qui n'apparaît même pas dans le top 10 des plus fortes progressions sur 5 ans.

 

Pour mémoire, l'une des raisons à la baisse des subventions au solaire photovoltaïque en France et à la baisse des tarifs de rachats par EDF était la volonté du gouvernement de ne "pas subventionner des produits Chinois". Et de fait, la majorité de la production de panneaux solaires chinoise est destinée à l'exportation, avec une puissance installée d'à peine 1 GW (ce qui la situe toutefois à peine au-dessous de la France, mais loin derrière l'Allemagne). Jusqu'à récemment, la situation était la même dans le domaine de l'éolien, mais la tendance a fortement évoluée pour mettre la Chine sur la plus haute marche pour la production d'électricité d'origine éolienne, devant les USA. Avec l'objectif du gouvernement Chinois de porter à 20 GW la puissance solaire installée d'ici à 2020, autant dire que la situation devrait également largement évoluer dans ce secteur pour placer la Chine là encore sur la première marche, ou au moins sur la derrière l'Allemagne...

Sachant que globalement la Chine est déjà le pays pour lequel les capacités renouvelables installées sont les plus élevées à 103 GW (presque le double des USA qui figurent sur la 2e marche)... et loin devant la France (9,6 GW) qui aura sans doute bien du mal à atteindre l'objectif fixé de 23% d'énergie consommée d'origine renouvelable... à moins d'y compter le nucléaire comme voulait le faire le gouvernement en jouant avec les mots (renouvelables - non carboné) il y a encore peu de temps.

 

 

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3 avril 2011 7 03 /04 /avril /2011 16:46

Corbaea scandens1-1Mauvaise nouvelle pour les allergiques aux pollens. Jusqu'à présent, il était difficile d'établir un lien direct entre la hausse des allergies et le réchauffement climatique, plusieurs autres facteurs pouvant entrer en jeu (pollution urbaine, usages intensifs de pesticides dans l'agriculture ou de produits chimiques volatils dans l'habitat, ...). Dans une étude parue en mars dans les Proceedings de l'Académie des Sciences des USA (lien vers l'article), une équipe américaine a mis en évidence un lien direct entre la hausse des températures sur les 20 dernières années et l'allongement de la saison des pollens en amérique du nord (le résultat étant sans doute transposable aux autres régions du monde).

 

Lors de leur étude, les chercheurs de l'équipe se sont intéressés aux pollens de la famille Ambrosia, responsable à eux seuls de plus de la moitié des allergies aux pollens aux USA en automne et en été. Dans plusieurs stations situées à différentes latitudes mais à des altitudes équivalentes et éloignées de grands centres urbains, ils ont enregistrés la concentration de pollens dans l'atmosphère au fil du temps, ce qui leur a permis d'établir la durée de la saison des pollens.

La conclusion de l'étude est que cette durée est directement liée au décalage des jours auxquels les premières gelées surviennent en automne avec le réchauffement climatique, et au nombre de jour sans gel. Par ailleurs, l'augmentation de la durée de la saison des pollens est d'autant plus grande que la station se situe plus au nord. Ainsi, alors que cette durée n'a pas augmenté dans le sud des USA (Texas et Oklahoma) entre 1995 et 2009, elle a augmenté de plus de 25 jours (passant de 2 à 3 mois) dans le sud du Canada. A noter que selon les auteurs, ces observations sont en conformité avec les prévisions du GIEC selon lesquels la hausse des températures est plus marquée dans les latitudes élevées.

 

plus qu'à acheter des mouchoirs...

 

 

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16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 21:54

surface glace arctiqueAu vu des tendances récentes concernant la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre (échec de la conférence de Copenhague et des sommets qui ont suivi, engagements internationaux décevants, forte hausse de la consommation mondiale de charbon et construction de centrales géantes, ...), il est très probable que la prédiction d'un océan arctique libre de glace se confirme à plus ou moins moyen terme, avec les conséquences écologiques que l'on peut imaginer (et la possibilité nouvelle d'exploiter de nouveaux champs pétroliers...). A titre d'illustration, la figure de droite montre l'extension moyenne de la banquise au mois de septembre, déterminée par des observations satellites. La diminution de la surface de glace est de 12% par période de 10 ans...

 

Dans les milieux scientifiques, la question n'est plus vraiment "l'arctique se retrouvera-t-il libre de glace ?" mais "quand et selon quel mécanisme ?". Le principal point discuté est celui de l'existence ou non d'un point critique au delà duquel le basculement serait irréversible. Le raisonnement sous-tendant l'existence de ce point étant de manière simplifiée "moins il y a de glace, moins le rayonnement solaire est réfléchi, plus la température de l'eau augmente, et moins il y a de glace, et ainsi de suite..." (grosso modo, passage d'un état d'équilibre à un état divergent sous l'effet des rétroactions). Cette question est plus importante qu'il n'y paraît. En effet si un point critique existe et est dépassé, tout retour en arrière devient mécaniquement (presque) impossible même avec une action forte sur nos émissions de gaz à effet de serre. Réciproquement si un tel point critique n'existe pas, la glace doit pouvoir se reconstituer rapidement si les conditions redeviennent plus favorables.

 

Dans un article publié il y a un moins dans Geophysical Research Letters (lien vers l'article), une équipe allemande du Max Planck Institute for Meteorology présente les résultats de nouvelles simulations qui tendent à montrer qu'il n'y aurait pas de point critique pour l'arctique. Dans leur modélisation, les auteurs ont utilisé un scénario de hausse des températures conduisant à un arctique libre de glace en septembre en 2070, et y ont ajouté une perturbation : une disparition totale dès début juillet tous les 20 ans. En cas d'existence d'un point critique, cette perturbation devrait être suffisante pour que la glace ne puisse pas se reconstituer d'une année à l'autre (la glace se reconstituant au printemps étant trop fine pour passer l'été). Dans leur simulation, l'effet de la perturbation est annulé en quelques années avec un retour à une situation "normale" et donc une reconstitution de la banquise. Le point clef est l'hiver, et la nuit polaire, durant lequel l'océan perd suffisamment de chaleur pour que la glace qui se reconstitue au printemps puisse tenir jusqu'à début septembre, et puisse regagner en épaisseur d'une année à l'autre.

 

Très clairement, les auteurs ne disent pas du tout que la banquise ne va pas disparaître. Juste qu'elle est capable de surmonter une disparition précoce durant un été (ils insistent sur ce point). Néanmoins, il s'agit pour une fois d'une étude apportant un point de vue un peu plus optimiste quant à la possibilité, au moins pour l'arctique, que l'évolution actuelle ne soit pas irréversible, à condition bien sûr d'agir rapidement.

 

 

articles liés :

 

 

 

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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 21:51

logo DOEou comment la lutte de la majorité républicaine à la chambre des représentants contre le président des USA est en passe de donner un sérieux coup de frein à la recherche dans le domaine des énergies renouvelables...

 

Le contexte :

 

Lors des dernières élections de mi-mandat, Barack Obama a perdu sa majorité à la chambre des représentants. Son budget doit donc être maintenant négocié avec la majorité républicaine. Lors du premier passage au vote, la proposition de budget fédéral pour l'année a été rejetée. Les services fédéraux fonctionnent donc pour l'instant avec une loi de finance temporaire, qui dure jusqu'à ces jours ci, avec nécessité de négocier le budget pour la suite de l'année, et donc une lutte pied à pied entre le gouvernement et la majorité républicaine.

Le 21 février dernier, celle-ci a fait voter avec succès une proposition de loi réduisant les dépenses de 61 milliards de dollars. On aurait pu penser que seuls les projets "emblématiques" de la présidence démocrate seraient touchés (couverture santé, fin des baisses d'impôts, ...). En réalité, d'autres secteurs un peu moins médiatiques ont été les premières victimes.

 

Le DOE est une agence fédérale, disposant d'un budget de plus de 20 milliards de dollars, donc l'un des principaux rôles principale est de "coordonner la transition des USA vers les énergies propres", tant sur le plan industriel que sur celui de la recherche. Cette agence est divisée en plusieurs bureaux, dont celui des sciences, qui possède un budget annuel de prêt de 5 milliards de dollars. A titre de comparaison pour la France, le budget du CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique) est d'un peu plus de trois milliards d'euros. Le bureau des sciences du DOE financent 10 laboratoires en propre, ainsi que des projets de recherche dans la plupart des universités américaines, et figure donc parmi les acteurs de tout premier plan de la recherche mondiale dans le domaine des énergies renouvelables.

 

Le résultat :

 

La majorité républicaine ne se cache pas d'être farouchement opposée à toute contrainte de l'économie américaine visant à réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Les négociations budgétaires lui ont donc donné une occasion idéale de mettre un frein à la bonne volonté de Barack Obama dans ce domaine. En effet sur les 61 milliards de dollars de coupe budgétaires, 900 millions seront pris sur le budget du Bureau des Sciences du DOE, soit une baisse de son budget de ... 18% ! Evidemment avec une telle baisse, ce sont tous les projets de recherche financés qui risquent d'être impactés, avec un ralentissement à prévoir des développements technologiques.

 

A l'heure actuelle cette proposition de loi doit encore passer devant les sénateurs, ou la lutte va se poursuivre. Cette coupe budgétaire n'est donc pas encore définitive. Mais il s'agit sans doute d'un symbole fort de ce que va être la politique de la majorité républicaine sur les deux ans à venir.

 

 

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8 février 2011 2 08 /02 /février /2011 21:29

Au "palmarès" des pays les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre, l'Afrique du Sud se classe dans le top 20, avec des émissions qui se situent entre celles de l'Espagne et de l'Italie avec 430 millions de tonne d'équivalent-CO2 en 2005, en hausse de 15% sur la période 2000-2005. Par habitant, cela représente 9,38 tonnes d'eq-CO2, légèrement au-dessus de ce qu'émet un français. Mais pour un PIB un peu plus de trois fois plus faible que celui de la France, ce qui classe en réalité l'Afrique du Sud parmi les leaders du classement des pires émetteurs de gaz à effet de serre par unité de richesse (l'intensité énergétique de l'Afrique du Sud est extrêmement mauvaise, pire encore que celle de la Russie.

 

Cette situation devrait encore empirer dans un proche avenir avec la mise en service de la centrale de Medupi, située dans la province du Limpopo (au nord-est du pays, voir carte). En effet le pays, du fait de son développement économique rapide, est proche de se retrouver dans une situation de pénurie d'électricité. Et comme il est l'un des plus gros producteurs mondiaux de charbon, avec les 6e réserves mondiales, et qu'à l'heure actuelle sa production de charbon (270 millions de tonnes par an) dépasse notablement sa consommation (193 millions de tonnes par an), le pays a décidé de suivre l'exemple de la Chine et de se tourner vers la production d'électricité à partir de centrales thermiques au charbon. Mais pas n'importe quelle centrale au charbon, juste la plus puissante au monde. Lorsqu'elle sera mise en service, la centrale de Medupi devrait avoir une puissance de 4 800 MW, soit l'équivalent de 4 "gros" réacteurs nucléaires (!) et produire le quart des besoins actuels du pays en électricité. (ci dessous l'état actuel du chantier, débuté en 2007, avec une mise en service des 6 tranches prévues pour s'étaler de 2012 à 2015).

 

Medupi central

 

d'autres photos du chantier peuvent être vues ici.

 

Lorsqu'elle aura atteint son rythme de croisière, avec une durée d'exploitation prévue de 50 ans, elle utilisera annuellement de l'ordre de 17 millions de tonnes de charbon (environ 0,4% de la production mondiale à elle seule) et émettra environ 30 millions de tonnes de CO2 par an. A elle seule elle fera augmenter de 0,6 tonnes par an les émissions individuelles des africains du sud. (pour des chiffres détaillés, voir ce document de la banque africaine de développement. Ce qui rend complètement irréaliste les objectifs de réduction des émissions de CO2 annoncées à Copenhague par l'Afrique du Sud.

 

Au delà du signal, disons plutôt ... négatif, dans la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre, la particularité de ce projet, qui n'a dans l'absolu rien de bien différent hormis la taille de ce qui se fait en Chine, est son mode de financement. Le coût total de ce projet est estimé à 11 milliards d'euros (on peut au passage s'interroger sur tout ce qu'il aurait été possible de faire avec un tel montant qui puisse être plus "vert") et sur ces 11 milliards, 4 environs vont être apportés par la Banque Mondiale et par la Banque Africaine de Développement, la Banque Mondiale ayant même classé le projet parmi les mécanismes de développement propre (!). Cette dernière a également effectué un prêt de plus de 3 milliards d'euros à Eksom, le maître d'oeuvre du projet. Avec une communication axée sur le fait que le prêt servira également au développement des énergies renouvelables (à hauteur de 7%, on se rassure comme on peut).

On peut noter au passage que la France tirera son épingle du jeu dans l'histoire puisque Alstom a obtenu un marché de 100 millions d'euros pour de l'instrumentation et des systèmes de régulation, et que le Crédit Agricole figure parmi le pool de banques privées ayant accordé des prêts à Eksom.

Le seul point positif est que le soutien de la Banque Mondiale à ce projet a soulevé des oppositions parmi ses principaux contributeurs, qui souhaite que ce soit le dernier projet de ce type qu'elle finance. Ce qui ne les a pas empêché de le soutenir.

 

 

articles liés :

 

* La fin programmée du charbon bon marché ?

* prolongation des subventions européennes au charbon

* Place du charbon dans la production européenne d'électricité

 

 

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25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 07:30

Renault magnum ndJeux de mot un peu nul pour revenir sur l'annonce de la parution d'un nouveau décret la semaine dernière, peu commentée dans les médias (ou du moins pas à la radio), qui autorise le passage à 44 tonnes max pour le transport de marchandises par la route dans le secteur alimentaire, mesure qui sera généralisée à tous les secteurs à partir de 2012.

 

L'argument justifiant cette augmentation, qui ouvre le chemin vers le passage prévu puis repoussé aux méga-camions de 60 tonnes, est une baisse supposée des émissions de gaz à effet de serre (en l'occurence ici de CO2), du fait d'une suposée diminution du nombre de camions sur les routes. En effet, 44 camions de 40 tonnes émettent plus de CO2 que 40 camions de 44 tonnes pour la même quantité de marchandises transportées. Mais c'est là que se situe le raccourci un peu trop rapide dans l'argumentaire. En effet, moins de camions, c'est surtout une baisse du prix du transport des marchandises par la route, ce qui renforce la compétitivité du secteur routier au détriment du transport fluvial (les fameuses "autoroutes fluviales" promises par le Grenelle de l'environnement) ou du transport ferroviaire.

 

L'effet de cette hausse de la compétitivité a d'ailleurs été mis en évidence par l'Observatoire Energie-Environnement-Transport (créé suite au grenelle principalement sur demande du MEDEF). Saisi par le gouvernement pour déterminer l'impact de la mise en place de camions de 60 tonnes en lieu et place des 40 tonnes actuelles, celui-ci a en effet montré que cet impact serait au mieux nul sur les émissions de gaz à effet de serre globales, et plus probablement négatif avec une légère hausse des émissions totales de la France. (ce rapport n'a toutefois pas été rendu public et seules des fuites de certains membres de l'observatoire permettent de se faire une idée de sa teneur).

 

Téléscopage des l'actualité, en ce moment et depuis quelques mois, les élus et syndicats de cheminots de Rouen se battent pour la défense du centre de fret ferroviaire de Sotteville-les-Rouen. Rouen étant le premier port céréaliser européen, avec un traffic de l'ordre de 7 millions de tonnes de céréales par an, la ville aurait dû être en première ligne tant sur le plan des autoroutes fluviales (avec la Seine) que du fret ferroviaire. Mais il semblerait que le secteur du transport routier soit plus stratégique pour le développement de la France...

 

 

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