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19 mai 2009 2 19 /05 /mai /2009 20:34
D'après Le Monde de samedi dernier, Nicolas Sarkozy serait sur le point de confier à Claude Allègre une sorte de "ministère de l'innovation et de l'industrie", qui marcherait à la fois en partie sur les plates-bandes du ministère de l'économie et sur celles du ministère de la recherche.
Cette nomination constituerait sans doute l'enterrement définitif du frémissement de prise de conscience initié par le Grenelle de l'environnement.

Claude Allègre, c'est la négation incarnée du principe de précaution, qui selon lui s'oppose sans justification aux progrès de la société. Principe de précaution qu'il brocarde comme étant une simple volonté d'immobilisme. Et on peut aussi se souvenir de son opposition au désamiantage de Jussieu.

Claude Allègre, c'est l'homme des erreurs jamais reconnues, comme dans la polémique qui l'opposa il y a quelques années au canard enchaîné, il jouait les précurseurs de Xavier Darcos en faisant une erreur sur une question de physique de niveau Lycée, erreur qu'il refusera de reconnaître.

Mais avant tout, Claude Allègre, c'est l'homme qui nie le réchauffement climatique. Ou lorsqu'il daigne le reconnaître du bout des lèvres, lui nie toute origine humaine. Et qui pour mettre son opinion en avant publie des données truquées. (Claude allègre et Vincent Courtillot sévèrement critiqués dans La Recherche et L'organisation météorologique mondiale dément Claude Allègre).

Si pour l'instant personne n'a encore aucune certitude quant à son arrivée au gouvernement (encore que...) du fait de la tempête d'oppositions à laquelle on peut s'attendre, il y a tout de même une certitude que l'on peut avoir, c'est que ce serait un coup mortel porté à la lutte contre le réchauffement climatique et les émissions de gaz à effet de serre en France, lutte sacrifiée sur l'autel de "l'innovation". A l'heure de la nécessité vitale pour l'humanité et la planète de passer à un développement plus responsable et à la veille de la conférence de Copenhague, c'est un bien mauvais message à passer au monde.


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18 mai 2009 1 18 /05 /mai /2009 20:39
Du 25 au 30 mai, Peugeot met en place une "vente flash" de 1000 véhicules à -25% de réduction. J'imagine que ça doit correspondre à quelque chose près à une vente à prix coûtant et que l'entreprise compte gagner de l'argent sur les financements de l'achat à crédit et sur l'entretien par la suite, une partie des clients étant plus ou moins captifs durant la durée de vie de leur véhicule au moins pour les pièces de rechange.

En période de crise de l'automobile, on peut comprendre qu'ils essaient de faire feux de tout bois pour relever la tête. Là où l'histoire est un peu moins plaisante, c'est que cette vente flash ne concerne pas un petit modèle, loin de là, mais le SUV de Peugeot, la 4007.

La 4007, c'est (d'après les données constructeur, donc sans doute tout sauf pessimiste) :

  •  9,5 L / 100 km en urbain, c'est à dire là où la majorité des clients de ce type de véhicules l'utiliseront
  •  7,2 L / 100 km en cycle mixte, avec des émissions de CO2 annoncées de 191 g/km
Sachant que ces valeurs de consommation et d'émissions de CO2 sont généralement mesurées sans utiliser les équipements de type climatisation, très gourmands en carburant.

Par cette vente flash, Peugeot fait un beau cadeau à des gens financièrement plutôt à l'aise (le premier prix sera à 24 225 € un fois la réduction déduite), mais pas à la planète et la lutte contre l'effet de serre et le réchauffement climatique.


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14 mai 2009 4 14 /05 /mai /2009 20:23
Il y a à peu près un mois, les députés américains et le gouvernement avaient pris des engagements rompant avec l'immobilisme de l'ère Bush dans le domaine de la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre, en particulier celles de CO2, et le réchauffement climatique. Ces engagements ont à peine un mois qu'ils commencent à être doucement rognés. Les chefs de la majorité démocrate à la chambre des représentants viennent en effet d'annoncer un certain nombre de freins à leurs ambitions :

  •  au lieu de 25% en 2025, la proportion d'électricité qui devra être produite à partir d'énergies renouvelables est ramenée à 20% en 2020.
  •  au lieu d'une diminution de 20% des émissions de gaz à effet de serre, cette diminution est ramenée à 17% en 2020 par rapport au niveau de 2005,  soit... tout juste un retour au niveau de 1990, alors que le protocole de Kyoto (que les USA ont signé mais pas ratifié), aurait demandé une diminution beaucoup plus notable.
  •  un marché du carbone devrait être mis en place, plus ou moins sur le modèle de celui existant en Europe. Initialement les permis d'émissions devaient être mis aux enchères, finalement au moins 35% des permis devraient être distribués gratuitement, diminuant d'autant les efforts des entreprises

Mais même avec ces concessions très importantes, le texte n'est pas sûr de passer... Le "pas en avant" américain était déjà timide, il se transforme doucement mais sûrement en sur-place. Et ce n'est une bonne nouvelle pour personne à quelques mois de la conférence de Copenhague et la négociation de l'après-Kyoto.


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12 mai 2009 2 12 /05 /mai /2009 21:40
suite à mon article d'actualité d'hier, un petit zoom sur le charbon.

Comme le pétrole ou le gaz naturel, le charbon (ou la houille) est issu de la décomposition de végétaux il y a des millions d'années. Selon sa qualité, il est constitué de 90% à 97% de carbone (je mets de côté la lignite qui possède un taux de carbone nettement plus faible). C'est donc un combustible fossile, utilisé comme source d'énergie, mais fortement émetteur de CO2 et qui contribue donc très fortement à l'effet de serre et au réchauffement climatique.


Le charbon est l'une des sources d'énergie principale utilisées par l'homme : la part du charbon dans le mix énergétique mondiale est plus ou moins constante depuis quelques décennies et se situe autour de 25% (figure de gauche, échelle en million de tonnes équivalent pétrole, source : Agence Internationale de l'Energie AIE), un pourcentage légèrement inférieur à celui du pétrole et à peu près équivalent à celui du gaz naturel.




Par rapport au pétrole ou au gaz naturel, le charbon possède la particularité d'être majoritairement utilisé dans les pays où il est produit. Ainsi selon les statistiques d'Euracoal concernant le marché du charbon, les quantités échangées à l'internationales représentent moins de 15% de la production mondiale totale ! A quelques exceptions près, la carte des pays producteurs correspond donc à celle des pays consommateurs. En 2006, la production mondiale de charbon atteignait environ 5,5 milliards de tonnes (en incluant la lignite), soit une augmentation de presque 1,5 milliards de tonnes en moins de 10 ans (figure de droite, échelle en millions de tonnes de charbon, source AIE).

La majeure partie de cette augmentation est issue de la Chine, qui est de loin le premier producteur mondial de charbon, avec plus de 50% de la production mondiale.


Cette très forte augmentation de la production (et donc de la consommation, le charbon étant peu échangé sur le marché mondial), est évidemment lié à la croissance économique chinoise et plus précisément au développement de son réseau électrique. En effet, on le sait peu en France où la majeure partie de notre électricité est d'origine nucléaire, mais à l'échelle mondiale se sont les centrales thermiques au charbon qui constituent la technologie la plus utilisée, avec environ 40% de la production d'électricité (voir par exemple sur la figure de droite pour la production d'électricité en 2005, où l'on voit que la production d'électricité utilisant le charbon, en violet, équivaut pratiquement à celles utilisant le nucléaire, le gaz naturel et le pétrole réunis ! source AIE).
Cette utilisation suffit pratiquement à elle-seule à expliquer la hausse de la production chinoise, la Chine ayant construit en 2006 pour 93 GW (l'équivalent de 90 réacteurs nucléaires) de centrales thermiques au charbon, soit une centrale... tous les deux jours !

Comme le pétrole et le gaz naturel, le charbon est un combustible qui met des millions d'années à se former, nous épuisons donc les réserves à un rythme incomparablement plus rapide qu'elles ne se reconstituent. Comme pour le pétrole et le gaz naturel, il arrivera donc un moment où la production commencera à décliner faute de réserves exploitables.
D'après le World Energy Council (conseil mondial de l'énergie), les réserves mondiales prouvées de charbon se montaient en 2007 à 847 milliards de tonnes (51% de charbon de la meilleure qualité, 32% de qualité un peu inférieure et 17% de lignite), soit environ 140 ans de production au rythme de 2007 (sans doute nettement moins au vu le la croissance de la production). Evidemment, ces réserves sont inégalement réparties au niveau mondial, les trois principaux pays "bénéficiaires" étant les USA, la Russie et la Chine qui détiennent à eux trois de l'ordre de 60% des réserves (figure ci-dessous).

Néanmoins, il faut espérer pour l'avenir de la planète que ces réserves ne seront pas totalement utilisées. La combustion du charbon émet une quantité de CO2 proportionnelle à sa teneur en carbone. En excluant la lignite, cette quantité de dioxyde de carbone correspond à peu près à 3 tonnes de CO2 pour une tonne de charbon. Brûler la totalité des réserves, conduirait à des émissions de CO2 de l'ordre de 2 100 milliards de tonne, soit... 41 fois les émissions mondiales de tous les gaz à effet de serre pour l'année 2007 ! Malheureusement, si le charbon est la source d'énergie la plus "sale", c'est aussi la moins chère...


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11 mai 2009 1 11 /05 /mai /2009 20:35
Euracoal (association européenne du charbon et de la lignite) est une association regroupant les acteurs européens de l'industrie du charbon. Cette organisation publie régulièrement des rapports sur le marché du charbon dans le monde. Le plus récent de ces rapports, paru en avril, indique que la production mondiale de charbon a augmenté de 200 millions de tonne en 2008 par rapport à 2007, soit grosso modo 4%. Sur cette augmentation, plus des trois quarts proviennent de Chine.

Le charbon est une énergie fossile, utilisé en grande partie pour la production d'électricité dans des centrales thermiques, fortement émettrice de CO2. C'est même une énergie fossile particulièrement "sale", puisque à énergie équivalente, le charbon émet de l'ordre de 30% plus de CO2 que le pétrole.

Cette nouvelle augmentation est donc une nouvelle particulièrement mauvaise dans le cadre des objectifs de diminution des émissions de gaz à effet de serre et donc dans la lutte contre le réchauffement climatique.


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10 mai 2009 7 10 /05 /mai /2009 11:45
Dans le cadre des mesures du plan de relance de l'économie, Nicolas Sarkozy a annoncé au début de l'année la future mise en chantier d'un second EPR (European Pressurized reactor = réacteur pressurisé européen) en plus de celui de Flamanville dont la mise en service est prévue pour 2012.

L'une des raisons invoquées pour justifier de ce nouveau projet est la contribution du nucléaire dans la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre, dont le CO2 lié à l'utilisation des combustibles fossiles, et contre le réchauffement climatique. Mon souhait dans cet article est de voir dans quelle mesure le nucléaire peut effectivement jouer un rôle dans cette lutte. Mettons donc de côté tous les avantages (indépendance énergétique, prix de revient, ...) et inconvénients de cette technologie (déchets radioactifs, sécurité, prolifération nucléaire, ...) pour ne nous intéresser qu'à la place du nucléaire dans le mix énergétique mondiale et les émissions de CO2 qu'il pourrait éviter à l'horizon de quelques décennies.

Contexte : place actuelle du nucléaire dans le monde

Pour situer la place possible de cette énergie dans son contexte, rappelons que nous émettons actuellement au niveau mondial de l'ordre de 50 milliards de tonne d'équivalents CO2 par an, émissions qu'il conviendrait de diviser au moins par deux d'ici à 2050 pour limiter l'amplitude du réchauffement climatique, soit une diminution d'au moins 25 milliards de tonnes.

A l'heure actuelle, 439 réacteurs nucléaires sont en service dans le monde, situés pour deux tiers d'entre eux aux Etats-Unis, en France et au Japon. Ils représentent d'après l'Agence Internationale de l'Energie (AIE) une puissance installée de 372 GW pour une production annuelle d'environ 2 600 TWh (2 600 milliards de kilowattheures). Cela correspond à environ 6% de la consommation mondiale d'énergie (figure de gauche, échelle en million de tonnes équivalents pétrole) ou 16% de la consommation mondiale d'électricité (figure de droite, échelle en TWh).














A l'heure actuelle, la part du nucléaire dans le mix énergétique mondial est donc inférieure à celle du bois et le la biomasse (orange, gauche), et à peu près équivalent dans la production d'électricité à l'industrie hydroélectrique (bleu, droite). Quelle place le nucléaire peut-il occuper dans le futur ?


rôle possible dans le futur et émissions de CO2 "évitables"

D'après l'agence internationale de l'énergie (AIEA), 4 réacteurs ont été mis en chantier en 2006, 7 réacteurs en 2007. Pratiquement négligeable au vu du parc déjà existant. Aux grandes heures du nucléaire, donc les années 1970 (suite au premier choc pétrolier), les mises en chantier atteignaient une trentaine par an.
Supposons donc qu'à partir de maintenant ce chiffre de 30 mises en chantier soit atteint tous les ans jusqu'en 2050 (chiffre très optimiste au vu des contraintes industrielles fortes, notamment en terme de nombre d'ingénieurs qualifiés dans le monde et notamment dans les pays en croissance forte comme l'Inde), pour une puissance annuelle de 30 GW. Si l'on ne soustrait pas les réacteurs qui cesseront d'être utilisés d'ici à 2050 (les réacteurs construits dans les années 1970 auraient alors 80 ans), on arrive alors en 2050 à une puissance installée "optimiste" d'environ 1 500 GW, pour une production annuelle d'environ 10 000 TWh.

Cette multiplication par pratiquement 4 de la production d'énergie d'origine nucléaire permettrait d'après l'AIE d'éviter l'émission de 2,8 milliards de tonne de CO2, soit 11% des 25 milliards de tonnes cités au début de cette page. Pas une solution miracle, mais pas totalement négligeable non plus (n'oublions pas cependant que notre hypothèse de 30 nouveaux réacteurs par an est plutôt très optimiste, et que nous n'avons pas tenu compte des réacteurs qui arriveront en fin de vie d'ici à 2050, notamment ceux construits dans les années 1970), ces 11% sont donc extrêmement optimistes.


Quel serait alors le coût de la tonne de CO2 évitée ?

Il n'est pas facile d'obtenir le coût réel de l'industrie nucléaire, les coûts de démantèlement des centrales et les coûts de la recherche étant rarement bien connus. D'après EDF, le coût de l'EPR en cours de construction à Flamanville est de 4 milliards d'euros. Partons donc de ce chiffre, en supposant que les économies d'échelle liées à la construction d'un grand nombre de réacteurs compenseront les possibles surcoûts à venir.
La construction de 30 réacteurs par an durant 40 ans coûterait donc 4 800 milliards d'euros. Supposons que chacun de ces réacteurs soit utilisé pendant 60 ans sans aucun coût de réparation et sans inclure les coûts de fonctionnement (salaire des personnels, combustible utilisé) ni les coûts de démantèlement. Avec ces hypothèses très optimistes, on arrive alors à un coût de 29€ par tonne de CO2 évitée. On peut donc estimer que le coût réel devrait s'établir raisonnablement autour de 60-70 € par tonne en incluant coûts de fonctionnement et de démantèlement. Evidemment, c'est une estimation extrêmement grossière, mais qui permet d'obtenir un ordre de grandeur. Le coût de la tonne évitée est a priori sensiblement équivalent à celui obtenu par d'autres voies, comme les énergies renouvelables ou l'isolation des bâtiments.


En conclusion...

En mettant de côté tous les autres aspects qui lui sont liés (sécurité, déchets, ...), le nucléaire pourrait effectivement permettre de diminuer les émissions de CO2 et donc de contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique. Cependant, cette contribution ne sera dans le meilleur des cas que marginale, des investissements massifs dans cette filière ne permettant d'atteindre qu'au mieux 10% des objectifs de réduction des émissions. Par ailleurs, le coût économique de la tonne de CO2 évitée ne devrait être ni franchement plus faible ni déraisonnablement plus élevé que celui permis par les énergies renouvelables ou l'isolation des bâtiments. Le choix possible d'une relance massive du nucléaire devrait donc je pense plutôt être discuté avec des arguments politiques ou sociétaux plutôt qu'en présentant cette technologie comme une solution miracle dans la lutte contre le réchauffement climatique, solution miracle qu'elle n'est pas.


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9 mai 2009 6 09 /05 /mai /2009 11:26
Si l'on veut limiter l'amplitude du réchauffement climatique à moins de 2°C d'ici à la fin du siècle (il est sans doute déjà trop tard pour espérer beaucoup mieux), nous devons diminuer de manière considérable nos émissions de gaz à effet de serre, et notamment de CO2, ce dernier étant responsable d'environ deux tiers de l'effet de serre total d'origine humaine.

C'est en grande partie de la responsabilité des états et de nos gouvernants, personne n'étant capable de manière individuelle de diminuer les émissions mondiales de plusieurs milliards de tonnes d'équivalent CO2. Mais c'est également de notre responsabilité à tous : chaque français émet (en moyenne) un peu plus de 10 tonnes d'équivalents CO2, et nos modes de vie et de consommation peuvent influer de manière importante sur ces émissions.

Afin de nous aider chacun à ne pas rester passif devant le problème et à agir pour limiter nos émissions de gaz à effet de serre, depuis quelques années plusieurs sites de "calculs d'émissions" ou de "bilan carbone" ont été créés. Plus ou moins précis (nombres de questions, variété des réponses possibles), ces sites permettent :
  • d'estimer plus au moins précisément nos émissions personnelles de CO2 ou de gaz à effet de serre (certains sites ne tiennent compte que du CO2) et leurs causes principales (logement, transports, loisirs, alimentation, ...)
  • de comparer nos émissions individuelles à celle du français "moyen" et aux objectifs de diminution que nous devons atteindre à moyen terme
  • d'obtenir des conseils pour réduire nos émissions en fonction de leurs causes principales
Parmi ces sites, le précurseur est www.ademe.fr/climact/, créé par l'ADEME (agence de l'environnement et la maîtrise de l'énergie) en 2005, qui ne tient compte que des émissions de CO2. Construit de manière assez ludique, il a le défaut de n'autoriser qu'à choisir des réponses dans des questions à choix multiples, qui ne correspondent pas nécessairement à notre situation réelle (il ne permet pas de donner une consommation électrique réelle, par exemple).
Plus précis, bilancarbonepersonnel.org et leclimatentrenosmains.org tiennent compte des émissions de CO2 mais aussi des autres gaz à effet de serre, et permettent d'observer l'impact de nos consommations d'électricité ou de gaz réelles, ou de nos kilomètres de voitures réellement parcourus. Le premier ne montre que des émissions individuelles, le second y ajoute celles des services collectifs.
D'autres sites existent, basés plus ou moins sur les mêmes systèmes.

Captures écrans des résultats de bilancarbonepersonnel (haut) et leclimatentrenosmains (bas).






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8 mai 2009 5 08 /05 /mai /2009 14:40
Depuis quelques temps maintenant, je regarde régulièrement les annonces immobilières dans le périmètre de mon université, pour arrêter de perdre une bonne partie de mon salaire dans un loyer exorbitant. Malheureusement, les prix des appartements à une distance raisonnable à pied d'une gare de RER sont beaucoup trop élevés pour moi, et j'ai peur de ne pas avoir de choix autre que de m'éloigner un peu si je franchis le pas.

Comme je n'envisage pas de faire des dizaines de kilomètres par jour pour aller travailler (et que je n'assume pas les émissions de CO2 correspondante sachant que mon travail "sédentaire" pourrait me permettre de les éviter, je n'ai que peu de déplacements professionnels et tous peuvent se faire en transports en commun), je ne cherche que dans un rayon d'une dizaine de km à vol d'oiseau autour de la fac. Mais même en supposant que je trouve quelque chose à 10 km, cela représente tout de même autour de 5 000 km de trajet par an pour aller travailler (soit de l'ordre de 500 kg de CO2 avec une voiture peu émettrice), ce qui a tendance à modérer fortement mon enthousiasme.


Du coup je me suis posé la question "et si dans ce cas là j'achetais un scooter ?". Dans ma tête, un scooter c'est léger, petit, ça ne va pas très vite, donc ça ne doit pas consommer énormément (et 10-15 minutes de trajet en scooter c'est raisonnable). Ni une ni deux, je farfouille sur internet pour me faire une idée. Et là surprise, je reste scotché devant les chiffres de consommation d'essence : en moyenne suivant les modèles et les constructeurs, un scooter de 50 cm3 consomme de 3 à 4 L / 100 km, soit à peine 20 à 30% de moins qu'une citadine, pour des émissions de CO2 de 50g à 80g par kilomètre. Et pourtant en moyenne, il pèse de l'ordre de 75 kg. Alors certes, cela reste nettement inférieur à une voiture, mais jamais je n'aurais pensé que ça pouvait être autant. Mais pour le moment les scooters électriques ne semblent pas encore être la panacée du point de vue performance et autonomie...



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7 mai 2009 4 07 /05 /mai /2009 20:50
Avant hier, le 5, Patrick Devedjian ("ministre de la relance") a tenu un point presse pour donner des nouvelles de son action au cours d'un "point d'étape".

On savait déjà que la crise avait enterré profondément le Grenelle de l'Environnement (si toutefois il avait jamais été pris au sérieux par nos gouvernants), mais là c'est un nouveau pas qui va être franchi. En effet, Devedjian va "proposer à la consultation interministérielle un texte relevant les seuils de déclenchement obligatoire des enquêtes" publiques liées entre autre à la protection de l'environnement (texte de la loi en question).

Bon, d'un certain côté, les émissions de gaz à effet de serre n'ont jamais été vraiment prises en compte par ce type d'enquêtes. Cela dit, elle permettait tout de même de bloquer certains projets dont l'impact écologique était manifestement trop négatif. Ce qui pouvait de manière détourner contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique dû à l'effet de serre via la protection d'une forêt ou d'une prairie (rappelons que la nature des sols et leur protection influence fortement leur capacité à stocker le CO2).

Certes, l'assouplissement proposé par le Ministre ne permettra pas de construire une nouvelle autoroute sans enquête (mais un lotissement de taille moyenne, si). Mais symboliquement, c'est de nouveau l'environnement et la lutte contre le réchauffement climatique qui vont faire les frais du plan de relance, alors même que l'occasion de tourner notre économie vers un modèle plus vert n'a que rarement été plus favorable.



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5 mai 2009 2 05 /05 /mai /2009 20:04
Récemment (décembre 2008, présentation à la presse en mars 2009), la commission "Environnement" de l'Union Européenne, sous la direction du commissaire Stavros Dimas, a publié un rapport (résumé en anglais ici) sur les liens entre les sols de l'UE et le changement climatique. Liens dans tous les sens possibles : rôle des sols comme puits de CO2 mais aussi influence des changements climatiques sur les sols.

Concernant le rôle des sols européens comme puits de carbone, l'étude a montré qu'ils "stockent" 75 milliards de tonnes de carbone, soit l'équivalent d'environ 5 ans et demi d'émissions mondiales totales de gaz à effet de serre. Environ 20% de ce carbone (soit un peu plus d'un an d'émissions mondiales de gaz à effet de serre) est piégé dans des tourbières dans les pays du nord de l'Europe.
Le rapport montre également qu'en règle générale, les forêts ou les prairies non cultivées européennes ont tendance à capturer du CO2 alors que les terres cultivées contribuent quant à elles à en émettre.

Le message-clef de ce rapport est donc qu'il faut à tout prix protéger ces espaces sans culture, et tout particulièrement les tourbières. Ce n'est malheureusement pas le chemin qui est pris actuellement, une part importante de ces tourbières étant drainées pour pouvoir être mises en culture. Plus particulièrement, il pointe du doigt les agrocarburants, "la législation promouvant la mise en culture de terres arables pour produire des énergies renouvelables (étant) peut-être la législation la plus à même de conduire à une diminution de la quantité de carbone stockée dans les sols européens".

On peut noter au passage qu'une proposition de la commission visant à protéger ces sols est bloquée par le conseil des ministres des pays de l'Union, blocage mené notamment par... la France.



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