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15 juin 2009 1 15 /06 /juin /2009 21:15
Il y a quelques jours, les académies des sciences des pays du G8 + 5 (soit les pays du G8 auxquels se joignent l'Afrique du Sud, la Chine, l'Inde, Mexique et Brésil) - 13 pays qui doivent représenter à eux seuls une très grosse part des émissions mondiales de gaz à effet de serre actuelles et de la contribution "historique" au réchauffement climatique - ont produit une déclaration commune appelant à une action forte dans la lutte contre les émissions de GES, en perspective du Sommet de Copenhague à la fin de cette année.

On peut au passage se réjouir que l'Académie des Sciences française ait pris part à cet appel conjoint. Il n'est pas si loin derrière nous le temps où Claude Allègre pouvait encore faire souffler le chaud et le froid (ahah) au sein de cette institution.

Certes les mesures proposées (demandées) dans l'appel peuvent faire figure d'inventaire à la Prévert. Certes la part belle est faite à l'innovation et aux ruptures technologiques, ne laissant rien aux changements nécessaires de comportements. Mais l'appel à 50% de baisse des émissions de GES d'ici à 2050 par rapport à 1990 est fort, notamment quand on pense aux objectifs que souhaitent atteindre les USA.



Texte de la déclaration :



Déclaration commune des Académies des sciences pour le Sommet du G8 de juillet 2009
Le changement climatique et les transformations des technologies de l'énergie pour un
avenir à bas carbone

Mai 2009

Le changement climatique et l’approvisionnement en énergie, de façon durable, représentent
des défis cruciaux pour le futur de l'humanité. Il est essentiel que les dirigeants de tous les
pays du monde donnent leur adhésion sur les réductions nécessaires d'émission de gaz à effet
de serre pour combattre les conséquences néfastes du changement climatique
anthropogénique, lors des négociations de l'UNFCCC (United Nations Framework Convention
on Climate change) à Copenhague en décembre 2009. Il est également nécessaire, dans le
même temps, qu’ils s’entendent sur les actions à entreprendre pour assurer les besoins
élémentaires en énergie de tous les pays du monde.
Ces défis globaux demandent des solutions suffisamment flexibles et variées pour faire face
aux besoins d’un grand ensemble d’énergies particulières, tant en ressources qu’en sécurité.


Réduire la part de l'Homme dans le changement climatique

Le quatrième rapport d'évaluation du GIEC en 2007 (Intergovernmental Panel on Climate
Change, IPPC) sur les aspects scientifiques des changements climatiques concluait que des
réductions importantes des émissions de gaz à effet de serre, principalement de CO2, sont
nécessaires dans un avenir proche pour ralentir l'augmentation des concentrations
atmosphériques et les empêcher d'atteindre des taux inacceptables.
Cependant, le changement climatique se produit beaucoup plus vite que prévu ; depuis 2000,
les émissions de CO2 ont été globalement plus élevées que les prévisions les plus hautes, les
glaces de l'Océan arctique fondent plus rapidement que les modèles climatiques ne le
prévoyaient et l'élévation du niveau des mers s'accélère. Des rétroactions dans le système
climatique pourraient conduire à des changements climatiques beaucoup plus rapides.
Il est incontestable qu’il faut entreprendre de façon urgente des actions pour faire face au
changement climatique. Par exemple, limiter le réchauffement global à 2° imposerait une mise
en œuvre très rapide et à l'échelle mondiale de toutes les technologies bas carbone actuellement
accessibles dans le monde. Le G8+5 devrait mener la transition vers une économie mondiale à
bas carbone et encourager l'innovation, la recherche et le développement vers des
technologies à la fois de réduction et d'adaptation. Capitaliser sur des technologies nouvelles
demandera un effort scientifique majeur et des initiatives politiques pour accélérer leur
adoption. La nécessité de trouver des solutions face au changement climatique représente une
opportunité considérable, bien que non encore prise en compte, de créer de nouveaux emplois
et de stimuler des marchés nouveaux et émergents. L'innovation est nécessaire pour arriver à
une efficacité énergétique et une société mondiale à bas carbone ; elle doit avoir une place
majeure parmi les efforts réalisés pour rebâtir une économie mondiale.

L'adaptation au changement climatique


Comme on commence à se rendre compte des conséquences du changement climatique, il
devient de plus en plus important d'investir dans les technologies d'adaptation et ce, de façon
accrue et urgente. Le transfert de connaissances et de technologies vers les pays en
développement doit être accéléré. Les domaines cruciaux de recherche comprennent :
l'accroissement de la résilience des infrastructures urbaines et rurales et des régions naturelles
(incluant les zones côtières et les bassins fluviaux) ; l'augmentation des récoltes et de la
production alimentaire ; et les méthodes et technologies d‘économie et de préservation de l'eau.

Calendrier et énergie

Pour le futur proche, les sources d'énergie fossile restent primordiales pour diminuer la
pauvreté énergétique et pour satisfaire la demande énergétique croissante. L'exploitation de
ces sources fossiles doit être compatible avec l'objectif de réduction des impacts
anthropogéniques sur le changement climatique. Une amélioration continue des normes
d'efficacité et d'émission est nécessaire pour la production et l'utilisation des énergies fossiles.
Des technologies d'énergie bas carbone, économiquement viables, pourraient contribuer au
rétablissement et à la pérennité de l'économie mondiale. La diversification des sources
d'énergies primaires peut également diminuer la volatilité des marchés d'énergies fossiles et
augmenter la disponibilité et la sécurité des sources d'énergie.

Une économie à bas carbone requerra des systèmes intégrés, une collaboration internationale
et des actions concertées incluant :
  • des mesures rapides et très répandues pour la conservation d'énergie particulièrement dansl'industrie, le transport ainsi que dans la conception, l’exploitation et la construction desbâtiments. Ceci impliquera la mise en œuvre et le développement de technologies déjàexistantes et nouvelles, des consignes, des processus de contrôle et de certification ainsique l'éducation du public. Économie d'énergie et efficacité énergétique devraient être lespriorités cruciales à court terme ;
  • un programme international concerté pour explorer, développer et déployer les technologies de séquestration et stockage du CO2 (CO2 capture and storage, CCS), avec l'objectif de les utiliser dans le plus grand nombre possible de centrales à charbon ;
  • l’adoption et la mise en oeuvre rapidement croissantes de technologies d'énergie renouvelable, -telles que le vent, l'énergie géothermale, l'énergie solaire, les biocarburants, la puissance des vagues-, avec les investissement concomitants. Le développement de normes d’authentification du fonctionnement et de l’insertion de ces technologies, dans une perspective de développement durable, est essentiel ;
  • l'accès garanti à des approvisionnements adéquats et la promotion de la diffusion des technologies efficaces du gaz naturel ;
  • le développement et l'utilisation d'infrastructures innovantes pour la génération, la transmission, la conservation et la distribution de l'énergie ;
  • le développement de centrales nucléaires de sûreté et de sécurité assurées, avec la maîtrise à long terme des déchets. La collaboration internationale dans le développement de la prochaine génération de réacteurs nucléaires ainsi que dans la réduction du risque de prolifération est essentielle.
Recommandations

Reconnaissant le rôle crucial que les systèmes d'énergie à bas carbone doivent jouer pour
permettre une économie mondiale durable, les nations du G8+5 doivent saisir toutes les
occasions de coordonner et harmoniser leurs travaux sur les calendriers concernant le
climat et l’énergie, et de bâtir ainsi une collaboration internationale.

Nous appelons tous les dirigeants :
  • à donner leur adhésion lors des négociations de l'UNFCCC (United Nations Framework Convention on Climate change) de Copenhague à l’adoption d’un objectif mondial à long terme, et des buts de réduction d'émission à moyen terme, qui permette d'arriver en 2050 à des taux d'émissions mondiales d’environ 50% par rapport aux taux de 1990 ;
  • à augmenter significativement la recherche internationale fondamentale sur le climat de la Terre, sur les technologies bas carbone, pour protéger et augmenter la résilience des systèmes naturels au changement climatique ;
  • à identifier les priorités stratégiques communes pour mettre en oeuvre et développer les technologies nécessaires à un environnement durable pour s’adapter et/ou réduire des dommages éventuels;
  • à collaborer dans la mise en oeuvre des technologies et des infrastructures bas carbone et résistantes au changement climatique et dans la mise en oeuvre d'incitations innovantes visant à accélerer, par l'utilisation d'instruments économiques et régulatoires, l'adoption des technologies propres et "vertes" ;
  • à permettre et à soutenir l'accès des pays en développement aux technologies nécessaires pour avoir une énergie bas carbone pour un futur durable ;
  • à poursuivre le développement, la démonstration et l'utilisation des technologies CCS sans danger et à étudier l'établissement de standards pour ces technologies CCS ;
  •  à poursuivre la coopération internationale sur la sécurité et la sécurisation des centrales nucléaires, la maîtrise des déchets, et la réduction du risque de prolifération ;
  • à accroître de façon substantielle l'investissement dans le développement et le déploiement des technologies d'adaptation, et à augmenter le financement particulièrement pour les populations les plus vulnérables.
Les programmes d'éducation seront essentiels pendant que nous poursuivrons cette démarche.
L’information du public sera également nécessaire. Nous devons nous appuyer sur
l’enthousiasme actuel et sur l'engagement de la jeune génération.

Les Académies signataires sont :

Academia Brasiliera de Ciencias, Brazil
Royal Society of Canada
Chinese Academy of Sciences, China
Académie des sciences, France
Deutsche Akademie der Naturforscher Leopodina, Germany
Indian National Science Academy, India
Accademia Nazionale dei Lincei, Italy
Science Council of Japan, Japan
Academia Mexicana de Ciencias, Mexico
Russian Academy of Sciences, Russia
Academy of Science of South Africa, South Africa
Royal Society, United Kingdom
National Academy of Sciences, United States of America
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10 juin 2009 3 10 /06 /juin /2009 16:54
... ou pourquoi notre mode de vie n'est quoi qu'il arrive pas soutenable.




Il y a quelques jours, j'avais parlé des journalistes et de leurs sempiternels "petits gestes du quotidien". Aujourd'hui, j'ai écouté avec effarement mes collègues s'énerver contre la possibilité que le gouvernement puisse éventuellement avoir l'envie d'instituer des "taxes vertes", parce que d'après eux il faut être riche pour pouvoir acheter une voiture qui consomme peu (visiblement l'ADEME n'est pas tout à fait du même avis), avec le sous-entendu qu'il serait évidemment impossible de vivre sans voiture (rappelons que je suis en région parisienne). Du coup j'ai eu envie de raconter une petite histoire, en oubliant pour aujourd'hui effet de serre et réchauffement climatique. Encore que...

Cette histoire commence en 1956. M.K. Hubbert est alors géophysicien dans un laboratoire de la Shell, où il s'intéresse notamment aux réserves de gaz et de pétrole. Suite à ses travaux, il propose une nouvelle théorie selon laquelle la production de pétrole en fonction du temps est décrite par une courbe en cloche, et ce quelle que soit l'échelle, depuis l'exploitation d'un seul champ pétrolifère jusqu'à la production mondiale dans son ensemble. Le maximum de production correspond alors à l'épuisement de la moitié de la réserve totale. Cette même année, il présente une publication à un congrès de l'Institut Américain du Pétrole dans laquelle il prédit que la production américaine de pétrole atteindra son maximum entre la fin des années 1960 et le début des années 1970.

Au départ, cette prédiction est accueillie avec le plus grand scepticisme. Mais en 1971, la production américaine atteint un maximum, puis commence à décroître (figure de droite : courbe = prédiction de Hubbert, points = production réelle). M.K. Hubbert et la courbe de Hubbert deviennent célèbres.

Depuis, la courbe de Hubbert n'a pas été mise en défaut. Il est possible "d'aplatir" la courbe par des politiques de restriction volontaire de la production, telles que les pratiques couramment l'OPEP. Cela permet éventuellement de reculer la date à laquelle le maximum est atteint. Mais pas de s'en affranchir.

Du coup comme nous venons de le voir, la production américaine de pétrole a atteint son maximum en 1971 et n'a pas cessé de décroître depuis lors. Mais ce qui est vrai pour les USA est vrai pour le reste du monde.
La figure de gauche a été publiée en 2004 par le Département Américain à l'Energie. Elle représente la production de pétrole cumulée de tous les pays du monde à l'exception de ceux membres de l'OPEP et des pays de l'ex-URSS. Cette production cumulée représente environ 45% de la production mondiale totale, et inclue des pays producteurs majeurs (les USA, le Mexique, la Chine, le Canada et la Norvège étaient respectivement 3e, 5e, 6e, 7e et 8e producteurs mondiaux en 2004).

Comme on peut le constater sur cette courbe, la production cumulée de tous ces pays a d'ors et déjà atteint son maximum et commencé à décroître.
A l'échelle de la planète dans son ensemble, les prédictions quant à la date du pic pétrolier varient entre "aujourd'hui" pour les plus pessimistes, et 2020 quant aux plus optimistes (aucun des experts consultés par le département américain à l'énergie en 2004 ne donnait de date postérieure à 2020). Même si la crise économique que nous vivons à l'heure actuelle induit sans doute un tassement de la demande (et donc de la production), on peut donc estimer que la production mondiale continuera de croître au mieux durant une dizaine d'année.


Que se passera-t-il ensuite ?

Contrairement à ce que les gens pensent souvent, nous n'allons pas nous retrouver du jour au lendemain sans pétrole. Qui n'a jamais entendu "Il nous reste XX années de réserves de pétrole" ? Cela ne signifie pas du tout que nous allons pouvoir continuer à produite autant de pétrole que nous le souhaitons pendant ces XX années, puis que tous les puits seront vides du jour au lendemain. En effet, on ne vide jamais totalement un puits de pétrole (l'expression "puis de pétrole" tend d'ailleurs à induite les gens en erreur : il n'y a pas de lacs de pétrole souterrains, mais des zones où des roches pétrolifères emprisonnent du pétrole dans leur structure même) : il se passe juste qu'à un certain stade d'épuisement du gisement, il faut plus d'énergie pour extraire 1 litre de pétrole que l'énergie contenue dans ce litre. Il est donc toujours possible d'extraire du pétrole comme matière première pour des plastiques ou des médicaments, par exemple. Mais à condition d'en payer le prix.

Le prix, voilà quel sera le problème : à partir du moment où la demande excède l'offre pour une ressource, les producteurs se retrouvent dans une position avantageuse et les prix s'envolent, du moins tant que des acheteurs sont prêts à les accepter.
Or si, comme nous l'avons vu, nous savons que la production mondiale de pétrole va commencer à décroître d'ici au mieux une bonne dizaine d'années, la consommation mondiale quant à elle croît de manière continue depuis plus de 20 ans, tirée en particulier par la croissance chinoise et indienne (voir figure de droite).
C'est d'ailleurs cette croissance continue de la consommation mondiale qui avait entraîné des prix du baril très élevés au cours du premier semestre 2008.
On peut donc s'attendre sans surprise à une nouvelle hausse importante des prix du pétrole (et donc a fortiori des carburants automobiles), d'ici quelques années.

Fin de la petite histoire...


Pour revenir maintenant à mes collègues, refuser aujourd'hui de s'adapter et de payer une taxe verte modérée de manière à nous habituer dès aujourd'hui à restreindre notre consommation de pétrole, et donc de carburants, c'est ne pas se rendre compte que l'adaptation sera beaucoup, beaucoup plus douloureuse lorsqu'elle sera imposée par l'impossibilité pour les pays producteurs de satisfaire la demande en totalité. Et une éventuelle voiture électrique ou voiture à hydrogène arrivera sans doute un peu trop tard (sans compter le fait qu'il y a peu de chance qu'elle permette des déplacements aussi bon marché qu'à l'heure actuelle).

au passage en en guise de post-scriptum, le pic de Hubbert ne s'applique pas qu'au pétrole, mais à toute ressource non-renouvelable, comme... le gaz ou le charbon (même si les pics pour ces matières premières arriveront plus tard).



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8 juin 2009 1 08 /06 /juin /2009 20:34
Hier, élections au parlement européen.

Je ne vais pas revenir sur les scores déplorables, honteux même, de la participation (43 % aux dernières nouvelles). Mais de nombreux commentateurs voient dans le résultat de ces élections un début de frémissement de prise de conscience écologiste au niveau européen, lié notamment à la thématique du réchauffement climatique et de l'effet de serre.















à gauche, le parlement européen sortant. A droite, le nouveau parlement (les résultats ne sont pas encore définitifs, mais ça ne devrait pas évoluer considérablement.
Si on regarde dans le détail (on ne se rend pas bien compte sur les graphiques), le nombre de député "verts" passe de 42 en 2004, soit 5,7 % des sièges, à 52 en 2009, soit 7,1 % des sièges et une augmentation marquée.

Plus de la moitié de ces députés verts ont été élus en Allemagne et en France.
Même si le poids de ces élus reste très relatif au sein d'un parlement dominé par les conservateurs et les libéraux sortants, on peut espérer qu'ils pourront encore un peu mieux faire entendre leur voix.
On peut également espérer que cette "vague verte" dans deux des grands pays de l'Union ne soit pas qu'un feu de paille mais la signature d'une vraie prise de conscience.

A l'avenir et aux nouveaux députés de nous le démontrer.


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6 juin 2009 6 06 /06 /juin /2009 11:31
Emission à la télé hier soir, un journaliste animateur et différentes personnes impliquées dans la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre et le réchauffement climatique (scientifiques, écologistes, ...).

A l'un des invités, un scientifiques français membre du GIEC, le journaliste demande quels sont les "petits gestes du quotidien" qui permettront de sauver la planète. Lorsqu'il lui répond en substance que ce ne sont pas de simples petits gestes mais un changement radical de nos modes de vie qui sont nécessaires, le journaliste ne trouve rien d'autre à lui demander que : alors vous ne savez pas vers quoi nous mène ce que vous proposez, vous nous proposez un saut dans le vide ?

Edifiant. Cette idée que tout pourrait se résoudre par de "petits gestes du quotidien" est une catastrophe. Comme si nos modes de vie actuels, reposant sur une consommation effrénée d'énergies polluantes et non renouvelables ne constituaient pas encore plus un saut dans l'inconnu. Ce journaliste, qui je pense représente plus ou moins l'opinion publique moyenne, semble ne pas se rendre compte que quel que soit le choix qu nous ferons, notre mode de vie actuel n'est pas soutenable, et que quoi qu'il arrive nous devrons un jour nous passer de pétrole, de charbon et de gaz naturel. (une idée d'article à venir sur ce blog, du coup, le pic pétrolier).

Visiblement, il semble qu'il faille encore beaucoup de pédagogie vis à vis des médias et du grand public pour espérer une prise de conscience. Et encore, nous vivons dans un pays développé ou le niveau d'éducation moyen est sans commune mesure avec la moyenne de l'humanité. Avec une action qui ne peut se jouer qu'à l'échelle de la planète entière...



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3 juin 2009 3 03 /06 /juin /2009 21:05
Tous les ans, l'ADEME (agence de l'environnement et la maîtrise de l'énergie) publie un palmarès des véhicules présentant les émissions de CO2 les moins élevées, ainsi que des statistiques sur le parc automobile français. En réalité il y a deux classements publiés, un pour les véhicules diesel et un pour les véhicules à essence.

Pour 2009, les voitures les moins émettrices de CO2 sont donc en essence la Toyota IQ (photo du haut) 99 g de CO2 / km et en diesel la Smart (photo du bas) avec 88 g de CO2 / km.

Evidemment, il s'agit de petites voitures. Dans les détails du palmarès, on peut remarquer dans les deux catégories une proportion importante de voitures "bon marché" (7 voitures à moins de 10 000€ en essence, 8 voitures à moins de 12 000€ en diesel).

A l'autre extrémité du palmarès, celui des voitures les plus polluantes, si le classement essence est dominé par des voitures de sport dont les ventes sont au mieux anecdotiques (lamborghini truste les 5 "premières" places), celui des véhicules diesel est quant à lui dominé par des véhicules dont les ventes sont loin d'être négligeables (4x4 et crossover), les trois plus mauvais élèves étant Volkswagen, Mercedes et Nissan.

L'information la plus intéressante de cette cuvée 2009 du classement provient du livret de statistiques. Comme tous les ans, les émissions moyennes de CO2 des voitures vendues en France ont baissé (voir figure en fin d'article), mais de manière nettement plus marquée que les années précédentes, sans doute du fait de l'effondrement du marché automobile en fin d'année lié à la crise économique, et au report des consommateurs sur des véhicules moins chers, et donc souvent plus petits et moins polluants (la part des voitures dites "économiques" est passée en 1 an de 44,1% à 54,5%). Pour la première fois, les émissions moyennes sont tombées en dessous de 140 g de CO2 / km (les objectifs européens négociés en fin d'année 2008 imposent d'atteindre 95 g / km en 2020). Attention toutefois, il s'agit des émissions moyennes des véhicules vendus dans l'année 2008, pas de l'ensemble du parc automobile français. Ce dernier se renouvelle (presque) totalement en une bonne quinzaine d'année et les véhicules vendus en une année ne représentent que 6% environ du parc total. La France est le seul pays de l'Union Européenne avec le Portugal à avoir franchi cette barre des 140 g, la moyenne européenne étant de 154 g.



Cependant, je ne peux pas m'empêcher de rappeler que la voiture la moins polluante est celle que l'on n'achète pas : une étude de l'ademe (voir ici en .pdf) estime le "coût" de fabrication d'une voiture à 1,5 tonne de CO2. Soit 10 g / km en supposant une durée de vie de 150 000 km. Ou 10 000 km de parcouru pour la "voiture moyenne Européenne" de 2008.



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2 juin 2009 2 02 /06 /juin /2009 20:17
Une part importante (pas la plus importante, mais loin d'être négligeable tout de même) des émissions mondiales de gaz à effet de serre est liée de près ou de loin à l'agriculture ou au transport des aliments. Naïvement, on pourrait penser que les fruits et légumes issus de l'agriculture biologique se montrent les meilleurs élèves vis à vis du réchauffement climatique.

Ce soir en faisant mes courses, je voulais des pommes (les nectarines et les abricots viennent encore d'Espagne pour le moment, et je suis contre la consommation de fruits et légumes hors saison). Et j'avais envie de royal gala, parce que je les aime bien. Arrivé devant le rayon pommes, la consternation : les royal gala viennent de Nouvelle-Zélande, soit... environ 18 000 km !! Qu'à celà ne tienne, je vais voir aux rayons bio (après tout si je peux en plus éviter un peu d'utilisation de pesticides pourquoi pas) et là, pas mieux : les pommes viennent... du Chili, soit environ 11 000 km. Je regarde un peu autour, les pommes de terre viennent... d'Israël, environ 3 000 km. Et même chose pour les oignons.

Alors autant je peux comprendre que pour les fruits exotiques, par exemple, il n'y ait pas d'autre choix que de les faire venir de loin. Autant pour des fruits et des légumes que nous produisons en France, je trouve criminel (n'ayons pas peur des mots) de les importer de pays distants de plusieurs milliers de kilomètres. Tout ça parce que la production de bio en France est insuffisante pour répondre à la demande.

Du coup à devoir choisir entre des royal gala de Nouvelle-Zélande, ou des royal gala bio du Chili, j'ai pris des fuji...

Ma petite aventure de ce soir au supermarché comme prétexte pour dire qu'il y a encore un long chemin à faire avant que tous les acteurs économiques (consommateurs inclus, sans acheteur pas de vendeur) prennent conscience du rôle que chacun d'entre nous joue dans la lutte contre le réchauffement climatique.


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29 mai 2009 5 29 /05 /mai /2009 21:03
Fiche de lecture d'un (petit) livre de Jean-Marc Jancovici publié au seuil, emprunté à la bibliothèque universitaire de ma fac pour voir si je pouvais le conseiller aux étudiants de mon cours lié aux énergies du futur, "le changement climatique expliqué à ma fille".

En fait il s'agit plutôt d'un livre que l'on pourrait conseiller ou faire lire à des collégiens. Jean-Marc Jancovici y fait avec des mots simples un tour d'horizon des problématiques liées au réchauffement climatique depuis le mécanisme physique de l'effet de serre jusqu'à ses conséquences probables, en passant par l'origine des émissions de gaz à effet de serre avant de finir sur une vision prospective de l'avenir. Il explique également, de manière bienvenue je pense, les mécanismes de formation des charbon, pétrole et autres gaz naturel, en insistant sur les périodes de temps extrêmement longues nécessaires à leur formation.

Il a également le mérite d'expliquer que contrairement à ce que nous assènent régulièrement les médias, ce n'est pas par un simple changement des "petits gestes du quotidien" (ah, les ampoules basses consommations sensées sauver le monde...) que la solution viendra, mais bien d'un changement radical de nos modes de vie (beaucoup moins de viande, pas de voyages en avion, une gestion des territoires à repenser radicalement, ...).

Un seul bémol, qui a fait que j'ai refermé le livre à la fin avec un sentiment mitigé : la manière dont l'auteur présente incidemment le nucléaire comme une solution miracle au fil de la discussion, comme si de rien n'était et sans chercher plus que ça a étayer son propos par des chiffres précis. Un passage que je ne peux pas m'empêcher de citer pour illustrer cette critique : "Si le seul problème que je te lègue, ma fille, c'est de gérer mes déchets nucléaires, je t'assure que je suis un père heureux et que je n'ai pas honte de ce que je fais". Effectivement, le nucléaire à un rôle à jouer dans la lutte contre le réchauffement climatique, et un rôle non négligeable. Mais un calcul rapide d'ordre de grandeur permet aisément de montrer qu'il ne pourra être qu'une solution minoritaire parmi d'autres.

Cela dit, en dépit de ce "dérapage" (que l'auteur présente néanmoins comme un avis personnel), je pense que ce livre devrait figurer dans les CDI de tous les collèges, en espérant que la génération à venir et la mienne seront plus responsables que celle de nos gouvernants actuels.


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27 mai 2009 3 27 /05 /mai /2009 20:14
Comme je l'écrivais rapidement hier, le Forum des économies majeures (MEF), qui regroupe 17 pays parmi les plus riches du monde (contribuant à 80% de la consommation mondiale d'énergie et 80% des émissions de gaz à effet de serre) s'est tenu à Paris les 2 derniers jours, faisant suite à la réunion de Washington il y a un mois (dossier de presse du Ministère de l'écologie). La prochaine réunion du forum (il y en aura plusieurs jusqu'à la conférence de Copenhague) aura lieu en juin au Mexique.

Pas facile de faire un bilan de 2 jours de négociations quand les contenus des discussions ne sont pas rendus publics (négociations à huis clos, bonjour la démocratie) et qu'il faut se contenter de communiqués ou de conférences de presse (c'est un moment où l'on aimerait être une petite souris cachée sous la table des négociations !)

Si je voulais essayer de faire un bilan des annonces, je dirais que les résultats sont très mitigés, avec notamment une avancée importante, mais également un point de blocage marqué.

L'avancée en question concerne des progrès importants dans la possibilité de création d'un fond de soutien au pays en développement, pour les aider d'une part à s'adapter aux conséquences probables du réchauffement climatique, et d'autre part à lutter contre leurs propres émissions de gaz à effet de serre, qui à défaut d'être prédominantes dans les émissions mondiales, sont en croissances souvent fortes. Les contributions des différents pays à ce fond seraient calculées en tenant compte particulièrement des émissions historiques, des émissions actuelles et des PIB. Une sorte de "dette climatique" des pays riches envers les pays en développement. Les financements seraient encore en négociation, mais un tel fond ne serait pertinent qu'à l'échelle de 100-200 milliards de dollars par an.

Le point noir de la réunion, c'est l'absence d'avancée concrète des USA. Depuis les reculades des députés américains en début de mois, aucun progrès n'a été enregistré de l'autre côté de l'Atlantique, et l'objectif affiché par l'administration américaine semble toujours de ramener les émissions de gaz à effet de serre à leurs valeurs de 1990 à l'horizon 2020 (rappelons qu'un américain émet environ 2 fois plus de gaz à effet de serre qu'un européen chaque année !), alors que la feuille de route de bali (qui n'engage que ceux qui souhaitent s'engager) appelait les pays riches à une réduction de l'ordre de -30% à -40% de leurs émissions en 2020 par rapport à 1990 (et d'au minimum -10% dans le scénario le moins ambitieux). On en est donc loin !

Prochaine étape le Mexique, en espérant des progrès sur ces deux points.



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26 mai 2009 2 26 /05 /mai /2009 21:35
 

Une fois n'est pas coutume, un peu de politique sur le blog, ce soir.

A 206 jours de l'ouverture du sommet de l'ONU sur le climat qui décidera de l'avenir du protocole de Kyoto et des engagements internationaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de lutte contre le réchauffement climatique, quelques semaines après le forum des économies majeures (MEF) de Washington, une nouvelle édition du MEF a lieu à Paris depuis hier (j'en reparlerai dans les jours à venir, il n'y a aucun intérêt à essayer de faire un bilan de négociations quand elles sont encore en cours).

En parallèle de ce forum, plusieurs ONG françaises ou antennes françaises d'ONG internationales (en vrac : WWF, Greenpeace, ACF, Care, FIDH, Fondation Nicolas Hulot, Les amis de la terre, Médecin du monde, Oxfam, Réseau action climat, secours catholique) ont lancé un appel solennel au président Sarkozy et aux dirigeants du monde pour que ce sommet ne se résume pas à des négociations de marchands de tapis, ce qui serait une catastrophe pour l'humanité et pour la planète, mais se traduise par des engagements forts des pays industrialisés (responsables de la plus grande partie des émissions jusqu'à présent) tant pour réduire leurs propres émissions que pour aider les pays en développement à ne pas augmenter les leurs et à les réduire. L'objectif est de recueillir 1 million de signatures et de peser sur les choix qui seront fait au cours du sommet.

La vidéo de l'appel :





Dans la même veine et tant que j'y suis à parler d'appels et de pétitions, en cherchant de la documentation pour un (futur) article sur les agrocarburants, j'ai pris connaissance d'une autre pétition, lancée cette fois par Greenpeace, appelant à lutter de manière forte contre la déforestation.

Vidéo de l'appel :


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25 mai 2009 1 25 /05 /mai /2009 20:21
L'agence américaine d'information sur l'énergie (EIA) a publié mercredi dernier les chiffres préliminaires concernant les émissions de CO2 américaines pour 2008. Les chiffres définitifs seront connus à l'automne, de même que ceux concernant les autres gaz à effet de serre régis par le protocole de Kyoto (le CO2 représente 80% environ de la contribution des USA aux émissions de l'effet de serre).

Selon les résultats préliminaires, les émissions de CO2 américaine ont baissé de 2,8% entre 2007 et 2008, pour un total de 5,8 milliards de tonne environ (soit un peu plus de 19 tonnes par habitant).

Dans le détail, les émissions liées à la combustion de gaz naturel augmentent très légèrement (environ 1%), ce qui compense à peu près la baisse équivalente des émissions liées au charbon. La quasi-totalité de la baisse des émissions globales est due à une diminution d'environ 6% de la consommation de pétrole.

Pour comprendre l'origine de cette diminution, l'EIA avance plusieurs explications :

  •  Une hausse importante des prix de l'énergie. Les cours du pétrole ont atteint des sommets au premier semestre 2008, passant de 100$ le baril en janvier à 150$ en juillet, avant de redescendre lentement pour finir l'année à 50$ le baril. L'essence étant faiblement taxé aux USA, toute augmentation des cours du pétrole se fait très rapidement sentir sur le coût à la pompe des carburants, ce qui incite les automobilistes à modérer leur consommation et à se tourner vers des véhicules moins gourmands.
  • Une faible croissance économique, de 1.1% sur l'année 2008, avec un ralentissement économique extrêmement marqué sur la fin de l'année. Ralentissement économique entraînant une baisse de la production industrielle et des investissements, et donc de la consommation d'énergie.
Globalement depuis 1990 ("année zéro" vis à vis du calcul des émissions pour le protocole de Kyoto), la croissance annuelle moyenne des émissions de CO2 américaines reste de 0,8%, soit une augmentation totale entre 1990 et 2008 de 15,9%. Ce n'est pas la première fois que ces émissions baissent sur un an, cela avait déjà été le cas en 1991, 2001 et 2006. Même s'il s'agit d'une bonne nouvelle dans le cadre de la lutte contre leréchauffement climatique, il faut rester prudent et attendre de voir si cette baisse peut se prolonger sur le long terme ou s'il ne s'agit que d'un effet conjoncturel lié à la crise économique.


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Published by D. - dans actualité
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