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14 décembre 2010 2 14 /12 /décembre /2010 21:24

nuageDepuis quelques années, la question du signe de la rétroaction exercée par les nuages sur le réchauffement est âprement disputée. En simplifiant, il s'agit de déterminer si l'augmentation de la quantité de nuages due au réchauffement climatique (à cause de l'augmentation de l'évaporation des masses d'eaux terrestres), va elle-même s'opposer au réchauffement (les nuages "bloquent" une partie du rayonnement solaire avant qu'il n'atteigne la surface terrestre) ou l'amplifier (l'eau est un gaz à effet de serre très puissant, la molécule d'eau absorbant exactement dans la gamme de longueurs d'onde de rayonnements réémise par la terre). Ces derniers mois, deux chercheurs différents ont apporté des arguments issus d'observations plaidant pour la première réponse, mais les modèles tendent plutôt à indiquer la seconde (l'opinion majoritaire dans la communauté scientifique pencherait plutôt pour le résultat des modèles, actuellement).

 

Une publication scientifique a été publiée la semaine dernière dans la revue Science, qui fait pencher la balance dans la deuxième direction. Son auteur, Andrew Dressler, a été la rétroaction exercée par les nuages sur les variations naturelles de températures dues à El Niño (hausse des températures) et La niña (baisse des températures). Pour son étude, il a utilisé des données satellites des rayonnements réémis par la terre vers l'espace, et des relevés de la température de la surface terrestre, en essayant au mieux d'éliminer les autres sources de rétroactions possibles (comme la concentration de vapeur d'eau dans l'atmosphère). L'originalité de son étude est qu'elle tient compte de toute la surface du globe, et pas uniquement des zones restreintes comme dans les études précédentes.

 

La conclusion de son étude est que la rétroaction de court terme (sur cette période de 10 ans) due aux nuages seraient comprise entre -0,2 W.m-2.K-1 et +1,28 W.m2.K-1 (une rétroaction de 1 W.m-2.K-1 signifie que si la température moyenne de la terre augmente de 1°C, le forçage radiative (ou "énergie supplémentaire piégée par l'effet de serre") augmente de 1W pour chaque m² de surface terrestre). Même s'il n'est donc pas impossible que cette rétroaction soit faiblement négative (ce qui tendrait faiblement à contrebalancer le réchauffement), il est beaucoup plus probable qu'elle soit nettement positive. Et même si elle s'avérait négative, le forçage radiatif correspondant serait beaucoup trop faible pour contrecarrer les effets de l'augmentation de la concentrations de gaz à effet de serre dans l'atmosphère (à titre de comparaison, l' CO2 induisait à lui seul en 2005 un forçage radiatif de +1,68 W.m-2 par rapport à l'époque pré-industrielle).

 

La conclusion de l'auteur (prudente : son étude n'a été effectuée que sur des relevés correspondant à une période de 10 ans, et il faudra des décennies pour avoir des observations satellitaires permettant des travaux de plus long terme), est que même si son étude ne permet pas de conclure à 100%, elle donne de bons arguments quant à la qualité des modèles utilisés pour simuler le climat et les divers rétroactions qui peuvent entrer en jeu, puisque les principaux modèles "tombent" tous dans l'intervalle qu'il obtient.

 

 

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