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24 décembre 2010 5 24 /12 /décembre /2010 15:51

Ursus maritimus Steve AmstrupBon, d'accord, la peluche en question même si elle a l'air toute douce, il ne faudrait pas trop qu'elle prenne idée de donner des coups de pattes...

 

Un peu plus sérieusement, la revue scientifique Nature a publié la semaine dernière une étude d'un groupe de scientifique américain dirigé par Steven Amstrup de l'US Geological Survey - Alaska Science Center, au sujet de l'effet que pourrait avoir une réduction des émissions de gaz à effet de serre (et donc une limitation de l'ampleur du réchauffement climatique) sur les chances de survie des ours polaires.

 

 

 

 

Pour comprendre la problématique, il suffit de comparer les deux images ci-dessous. Celle de gauche montre l'aire de répartition des ours polaires dans l'arctique (les zones les plus foncées correspondent aux densités de population les plus importantes) et celle de droite la diminution de la surface de banquise en été ces dernières années.

 

ours blanc repartition Annual_Arctic_Sea_Ice_Minimum.jpg

 

 

 

La vulnérabilité de l'ours polaire à la diminution de la surface de la banquise provient en grande partie de la forte spécialisation de cette espère, qui dépend entièrement de la banquise gelée pour se nourrir (c'est un prédateur qui se nourrit en grande partie de phoques, qui ne sont présent que sur la banquise), de déplacer et se reproduire.

 

La dernière étude publiée en 2007 montrait que les deux tiers de la population d'ours blancs pourraient avoir disparus d'ici au milieu du siècle dans un scénario de poursuite des émissions de gaz à effet de serre, mais elle ne prenait pas en compte l'effet que pourrait avoir une réduction de ces émissions. La question clef étant : la diminution de la surface de banquise avec le réchauffement est-elle "linéaire", auquel cas toute réduction des émissions pourrait contribuer à aider à la survie de l'espèce, ou un point de non-retour pourrait-il être atteint au-delà duquel une réduction n'aurait plus d'effet (la disparition de surfaces de glaces, qui contribuent à réfléchir le rayonnement solaire, contribue elle-même au réchauffement par un effet de rétroaction positive).

 

La nouvelle étude publiée la semaine dernière n'a pas mis en évidence de "point de non-retour" : la diminution de la surface de banquise pourrait être en partie réversible en cas de forte baisse des émissions de gaz à effet de serre. Cela dit, les auteurs restent prudents et rappelle qu'il ne s'agit que de modèles et que la situation dans le monde réel pourrait être différente, même si ce résultat est plutôt positif. Rappelons toutefois que cette modélisation suppose des décisions (et donc des actions) d'envergure pour lutter contre les émissions de gaz à effet de serre, sinon quoi elle ne fait que confirmer les résultats de l'étude précédente avec une disparition très probable de l'espèce d'ici à la fin du siècle si aucune action n'est entreprise. "Il y a des raisons d'être optimistes, mais à condition d'être optimistes quant à notre volonté de changer les choses".

 

Le futur des ours blancs est donc entre les mains des décideurs politiques. Mais les auteurs rappellent qu'en se plaçant à l'échelle de la terre, ils ne sont qu'un symbole de l'effet que pourrait avoir le réchauffement climatique sur la biodiversité, avec environ 25% des espèces de mammifères menacées d'extinction, principalement du fait de la dégradation ou de la disparition de leur habitat. Ainsi comme le montre le livre qui vient de paraître "Pinguins: a journey to the future in Antartica"  (Pingouins, un voyage vers l'avenir de l'Antarctique), 80% des pingouins de Terre-Adélie ont disparu au cours des 30 dernières années du fait du recul des glaciers en Antarctique. Soit nous agissons maintenant, soit nos descendants ne connaitront nombre de ces animaux que par des photos ou des vidéos...

 

 

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