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16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 21:54

surface glace arctiqueAu vu des tendances récentes concernant la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre (échec de la conférence de Copenhague et des sommets qui ont suivi, engagements internationaux décevants, forte hausse de la consommation mondiale de charbon et construction de centrales géantes, ...), il est très probable que la prédiction d'un océan arctique libre de glace se confirme à plus ou moins moyen terme, avec les conséquences écologiques que l'on peut imaginer (et la possibilité nouvelle d'exploiter de nouveaux champs pétroliers...). A titre d'illustration, la figure de droite montre l'extension moyenne de la banquise au mois de septembre, déterminée par des observations satellites. La diminution de la surface de glace est de 12% par période de 10 ans...

 

Dans les milieux scientifiques, la question n'est plus vraiment "l'arctique se retrouvera-t-il libre de glace ?" mais "quand et selon quel mécanisme ?". Le principal point discuté est celui de l'existence ou non d'un point critique au delà duquel le basculement serait irréversible. Le raisonnement sous-tendant l'existence de ce point étant de manière simplifiée "moins il y a de glace, moins le rayonnement solaire est réfléchi, plus la température de l'eau augmente, et moins il y a de glace, et ainsi de suite..." (grosso modo, passage d'un état d'équilibre à un état divergent sous l'effet des rétroactions). Cette question est plus importante qu'il n'y paraît. En effet si un point critique existe et est dépassé, tout retour en arrière devient mécaniquement (presque) impossible même avec une action forte sur nos émissions de gaz à effet de serre. Réciproquement si un tel point critique n'existe pas, la glace doit pouvoir se reconstituer rapidement si les conditions redeviennent plus favorables.

 

Dans un article publié il y a un moins dans Geophysical Research Letters (lien vers l'article), une équipe allemande du Max Planck Institute for Meteorology présente les résultats de nouvelles simulations qui tendent à montrer qu'il n'y aurait pas de point critique pour l'arctique. Dans leur modélisation, les auteurs ont utilisé un scénario de hausse des températures conduisant à un arctique libre de glace en septembre en 2070, et y ont ajouté une perturbation : une disparition totale dès début juillet tous les 20 ans. En cas d'existence d'un point critique, cette perturbation devrait être suffisante pour que la glace ne puisse pas se reconstituer d'une année à l'autre (la glace se reconstituant au printemps étant trop fine pour passer l'été). Dans leur simulation, l'effet de la perturbation est annulé en quelques années avec un retour à une situation "normale" et donc une reconstitution de la banquise. Le point clef est l'hiver, et la nuit polaire, durant lequel l'océan perd suffisamment de chaleur pour que la glace qui se reconstitue au printemps puisse tenir jusqu'à début septembre, et puisse regagner en épaisseur d'une année à l'autre.

 

Très clairement, les auteurs ne disent pas du tout que la banquise ne va pas disparaître. Juste qu'elle est capable de surmonter une disparition précoce durant un été (ils insistent sur ce point). Néanmoins, il s'agit pour une fois d'une étude apportant un point de vue un peu plus optimiste quant à la possibilité, au moins pour l'arctique, que l'évolution actuelle ne soit pas irréversible, à condition bien sûr d'agir rapidement.

 

 

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