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1 décembre 2009 2 01 /12 /décembre /2009 22:02
Et si un moyen efficace de réduire nos émissions de gaz à effet de serre, et plus particulièrement de CO2, était de respirer moins ?   

(avant d'aller plus loin je précise aux
réfractaires à l'humour qu'il s'agit d'une plaisanterie)



Je me suis amusé à faire un petit calcul, suite à une remarque en passant d'un de mes collègues à table : quelle quantité de CO2 une personne moyenne émet-elle... en respirant ?

En moyenne, un humain respire une quinzaine de fois par minute, soit à peu près 7 900 000 fois pas an (quand même !)

Au cours de chacune de nos inspirations/expirations, la quantité d'air qui transite dans nos poumons est d'environ 1/2 litre (plus lors que l'on fait du sport, mais à l'échelle d'une année la durée passée à en faire est marginale), soit 3 950 000 litres d'air par an.

A chacune des nos inspirations, la quantité de CO2 inspirée est négligeable, mais celle expirée est d'environ 3,5% du volume d'air. En un an, nous rejetons donc 136 500 litres de CO2.

Un litre de CO2 pèse très exactement 1,96 gramme. En un an, un humain rejète donc tout de même environ 270 kg de CO2.

Si l'on met ce chiffre en parallèle avec l'objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre à atteindre (à peu près 2 tonnes par personne), on se rend compte que juste en expirant, nous émettons environ 13,5% de notre quota annuel !

outch, il faudrait donc apprendre à respirer un peu moins fort, ou à ne prendre qu'une inspiration sur deux, ou à respirer dans un circuit de capture du CO2 ??

(pas d'inquiétudes à avoir, la réponse est évidemment non)

Ce petit calcul et le "problème" qu'il soulève m'amènent à parler d'une question plus sérieuse, à savoir celle des durées des cycles (qu'on peut rapprocher de la notion de "renouvelable"). En effet le raisonnement est le même pour dire qu'il n'y a pas besoin de retenir sa respiration que pour dire que le chauffage au bois est écologique dans certaines conditions alors que celui au fioul, au charbon ou au gaz ne l'est en aucun cas.

D'où vient le carbone du CO2 que nous expirons ? Il provient de notre alimentation (fruits, légumes ou viandes) : le carbone est l'un des constituants tant des lipides que des protides et des glucides. Au cours des cycles métaboliques qui ont lieu dans notre organisme, ces aliments sont "brûlés" pour produire de l'énergie, moyennant quoi une partie du carbone ingérée est éliminé par la respiration. Mais ce carbone est ensuite capté par les végétaux pour leur croissance, ou les animaux qui mangent ces végétaux, avant de revenir dans notre assiette. Nous sommes donc en présence d'un cycle fermé, nous n'émettons jamais plus de CO2 par la respiration que n'en captent les végétaux. Sinon ça voudrait dire que nous mangeons plus vite que nous ne produisons de la nourriture, ce qui risquerait de poser un problème à beaucoup plus court terme que le réchauffement climatique !

Le raisonnement est le même pour le chauffage au bois : si nous ne brûlons pas le bois plus vite qu'il ne pousse, nous avons un cycle fermé, le CO2 émis par la combustion correspond à celui capté par les végétaux lors de leur croissance (je laisse de côté ici l'acheminement du bois entre son lieu de production et son lieu d'utilisation).

Au contraire dans le cas du pétrole, nous le brûlons beaucoup, beaucoup, beaucoup (...) plus vite qu'il ne se reconstitue : le cycle n'est pas fermé, et la concentration de CO2 dans l'atmosphère augmente, augmentant du coup l'effet de serre.

Moralité : nous pouvons continuer à respirer, et émettre allègrement nos 270 kg de CO2 annuel, ce ne sont pas ces kilos là qui posent un problème ! ouf !



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Published by D. - dans général
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commentaires

Flo 06/12/2009 19:40



Je trouve votre blog très intéressant ! 
Je réfléchirai à deux fois la prochaine fois que j'expirerai un peu trop fort ... :)  



D. 07/12/2009 08:03